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Legare

Combien de temps pour toucher un héritage ?

En bref

En France, la déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès. Le versement effectif de l'héritage prend en moyenne 3 à 6 mois pour une succession simple, mais peut s'étendre à plusieurs années en cas de conflit entre héritiers, de patrimoine complexe ou d'immobilier à vendre.
Mis à jour le 14 avril 2026 - 6 min de lecture

Le calendrier légal d'une succession

Le règlement d'une succession obéit à un calendrier imposé par la loi :

  • Dans les 24 heures : déclaration du décès en mairie
  • Dans les 14 jours calendaires : organisation des obsèques (décret n° 2024-790 du 10 juillet 2024)
  • Dans les 1 à 2 mois : le notaire établit l'acte de notoriété (coût : environ 57 EUR HT), identifie les héritiers et recense le patrimoine
  • Dans les 6 mois : dépôt de la déclaration de succession auprès de l'administration fiscale et paiement des droits

Ce délai de 6 mois est impératif : au-delà, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent sur les droits dus (article 1727 du CGI).

Les étapes concrètes et leur durée

Phase 1 : l'inventaire du patrimoine (1 à 3 mois)

Le notaire doit dresser un bilan complet de l'actif (biens immobiliers, comptes bancaires, assurances vie, véhicules, objets de valeur) et du passif (dettes, emprunts, charges). Cette phase nécessite de nombreuses correspondances avec les banques, assureurs et administrations.

Phase 2 : la déclaration fiscale (mois 3 à 6)

Le notaire prépare la déclaration de succession (formulaire n° 2705), calcule les droits et les soumet à l'administration fiscale. Les héritiers doivent payer les droits de succession au moment du dépôt.

Phase 3 : le partage (mois 6 à 12 et au-delà)

Le partage des biens entre héritiers peut être amiable (si tous sont d'accord) ou judiciaire (en cas de désaccord). Le partage amiable peut se faire rapidement, tandis que le partage judiciaire s'étend sur 2 à 5 ans en moyenne.

Les facteurs qui rallongent les délais

  • La présence d'immobilier : l'évaluation, puis la vente ou l'attribution d'un bien immobilier ajoutent plusieurs mois. Si le bien est en indivision et qu'un héritier veut le conserver, il faut organiser un rachat de parts
  • Un héritier introuvable ou injoignable : le notaire doit mener des recherches, recourir à un généalogiste, voire à une procédure de sommation (article 771 du Code civil)
  • Un conflit entre héritiers : désaccord sur l'évaluation des biens, sur le rapport de donations antérieures, ou sur le partage lui-même
  • Un patrimoine international : si le défunt possédait des biens à l'étranger, les formalités sont plus longues et plus coûteuses
  • Un testament contesté : une action en nullité ou en réduction peut bloquer la succession pendant des années

Exemple concret

Claire décède en laissant un appartement évalué à 250 000 EUR, un compte bancaire de 80 000 EUR et une assurance vie de 100 000 EUR. Elle a deux enfants, Paul et Julie.

  • L'assurance vie est versée directement aux bénéficiaires dans un délai de 1 mois après réception des pièces complètes (article L132-23-1 du Code des assurances). Si l'assureur dépasse ce délai, des pénalités s'appliquent : intérêts au double du taux légal pendant 2 mois, puis au triple
  • Les comptes bancaires sont débloqués après établissement de l'acte de notoriété, soit environ 2 mois
  • L'appartement est attribué à Paul, qui verse une soulte à Julie. Le partage est formalisé chez le notaire au bout de 8 mois

Au total, Paul et Julie auront perçu l'intégralité de leur héritage en 8 à 10 mois.

Comment accélérer le règlement de la succession ?

  • Anticiper : un testament clair et une clause bénéficiaire d'assurance vie précise réduisent les délais d'interprétation
  • Collaborer : la bonne entente entre héritiers permet un partage amiable rapide
  • Choisir un notaire réactif : n'hésitez pas à relancer régulièrement votre notaire et à transmettre rapidement les documents demandés
  • Faire évaluer les biens immobiliers en amont : une estimation fiable évite les contestations ultérieures

Délai fiscal de 6 mois : ne pas le dépasser

Le non-respect du délai de 6 mois pour déposer la déclaration de succession entraîne des intérêts de retard de 0,20 % par mois. Après mise en demeure de l'administration (délai de 30 jours pour régulariser), une majoration de 10 % à 40 % peut s'ajouter.

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Questions fréquentes

Sources juridiquesCode civilCode général des impôtsBOFiP