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SCI familiale : transmettre son patrimoine immobilier

Transmission progressive de parts avec décote 10-30 %, démembrement, choix IR/IS. La SCI familiale combine chaque levier.

Dernière revue éditoriale

Exemple : transmettre un bien de 500 000 €

Comparez l'impact fiscal d'une transmission en détention directe versus via une SCI familiale :

Détention directe

Valeur taxable : 500 000 €

Donation en pleine propriété → droits de donation élevés, même avec les abattements

Via SCI familiale

Base après décote 20% : 400 000 €

Donation de la nue-propriété des parts (parents 55 ans) : 200 000 € taxables

Possibilité de renouveler l'opération tous les 15 ans avec de nouveaux abattements

Droits de donation comparés (2 enfants)

Donation directe en pleine propriété : 500 000 € ÷ 2 = 250 000 € par enfant. Après l'abattement de 100 000 € (art. 779 CGI), base taxable de 150 000 € par enfant, soit 28 194 € de droits par enfant au barème de l'article 777 du CGI, soit 56 388 € au total.

Donation de la nue-propriété des parts via SCI : décote 20 % puis nue-propriété à 55 ans (50 %, art. 669 CGI) ramène la base à 100 000 € par enfant, soit exactement l'abattement, donc 0 € de droits.

Économie nette dans cet exemple : 56 388 €, transmis sans aucun droit de donation.

Calcul au barème en ligne directe de l'article 777 du CGI et à l'abattement de 100 000 € par enfant (art. 779 CGI), renouvelable tous les 15 ans. Les montants varient selon votre âge, le nombre d'enfants et la valeur du bien.

Combien pouvez-vous transmettre sans droits ?

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SCI familiale vs donation directe : comparaison chiffrée

Bien immobilier de 400 000 €, donation en nue-propriété à 2 enfants, donateur de 55 ans

Donation directe

Valeur transmise
400 000 €
Nue-propriété (55 ans, 50 %)
200 000 €
Abattement (2 enfants)
200 000 €
Base taxable
0 €
Droits estimés
0 €
Avantage SCI
-

Donation de parts SCI

Valeur transmise
340 000 € (décote 15 %)
Nue-propriété (55 ans, 50 %)
170 000 €
Abattement (2 enfants)
170 000 €
Base taxable
0 €
Droits estimés
0 €
Avantage SCI
60 000 € de marge supplémentaire pour un bien plus cher ou un donateur plus âgé

Avec un bien de 600 000 € (même scénario) : donation directe = 50 000 € taxables par enfant (droits ~8 200 € chacun). Via SCI (décote 15 %) = 5 000 € taxables par enfant (droits ~250 € chacun). Économie : ~15 900 €.

Pourquoi créer une SCI pour transmettre ?

La société civile immobilière (SCI) familiale est une structure juridique qui permet à plusieurs personnes (les associés) de détenir ensemble un ou plusieurs biens immobiliers. Plutôt que de détenir le bien directement, chaque associé possède des parts sociales de la SCI, qui elle-même est propriétaire du bien.

Dans un contexte de transmission patrimoniale, la SCI familiale présente plusieurs avantages décisifs :

Éviter l'indivision

L'article 815 du Code civil pose un principe fondamental : « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. » Lorsque plusieurs héritiers reçoivent un bien en indivision, chacun peut à tout moment demander le partage, ce qui peut mener à la vente forcée du bien. La SCI permet d'organiser la détention collective du bien dans un cadre stable, avec des règles de gestion définies par les statuts.

Transmettre progressivement

Un bien immobilier en pleine propriété est difficilement divisible. Vous ne pouvez pas donner « un morceau » de votre appartement tous les ans. En revanche, les parts d'une SCI se fractionnent à l'infini. Vous pouvez donner quelques parts chaque année, ou tous les 15 ans pour bénéficier du renouvellement des abattements fiscaux (100 000 € par parent et par enfant).

Bénéficier d'une décote sur la valeur

Des parts de SCI valent moins que le bien immobilier qu'elles représentent. L'administration fiscale admet généralement une décote de 10 à 30% sur la valeur des parts, en raison de leur caractère minoritaire, de l'absence de marché pour les parts de SCI non cotées, et des clauses restrictives dans les statuts (clause d'agrément, inaliénabilité temporaire, etc.). Cette décote réduit directement la base taxable de la donation.

Conserver le contrôle du bien

Même après avoir donné des parts de la SCI à vos enfants, vous pouvez conserver le contrôle de la gestion du bien en restant gérant de la SCI. Le gérant prend les décisions courantes (choix du locataire, travaux, etc.) sans avoir besoin de l'accord des autres associés pour chaque décision. Vos enfants deviennent associés et touchent des revenus, mais c'est vous qui gardez la main sur la gestion concrète.

Organiser la gouvernance familiale

Les statuts de la SCI permettent de prévoir des règles de fonctionnement adaptées à votre famille : clause d'agrément pour contrôler l'entrée de tiers, clause de préemption pour donner la priorité aux autres associés en cas de cession, répartition spécifique des pouvoirs entre les associés, etc. C'est un cadre juridique souple et sur-mesure.

La décote de parts de SCI

L'un des avantages fiscaux majeurs de la SCI familiale réside dans la décote applicable à la valeur des parts sociales. Cette décote n'est pas un droit automatique, mais une pratique admise par l'administration fiscale et confirmée par la jurisprudence.

Pourquoi une décote ?

Des parts de SCI ne valent pas la même chose que le bien immobilier sous-jacent :

  • Absence de marché : pas de marché organisé pour les parts de SCI non cotées.
  • Restrictions de cession : clause d'agrément imposant l'accord des autres associés.
  • Caractère minoritaire : un associé minoritaire ne peut imposer ses décisions.
  • Coûts de détention : comptabilité, assemblée générale, etc.

Quelle décote appliquer ?

La doctrine et la jurisprudence admettent généralement 10 à 30 %. Une décote de 15 à 20 % est courante. Au-delà de 30 %, les justifications doivent être solides.

La décote doit être justifiée par des éléments objectifs inscrits dans les statuts : clause d'agrément, clause d'inaliénabilité temporaire, clause de préemption, etc.

Impact fiscal

Bien de 500 000 € via SCI, donné en nue-propriété à 2 enfants. Décote 20 % : valeur retenue 400 000 €. À 55 ans, nue-propriété = 50 %, soit 200 000 €. Chaque enfant reçoit 100 000 € - exactement l'abattement. Résultat : zéro euro de droits, contre une taxation sur 250 000 € en détention directe.

10-30 %

Décote admise sur les parts de SCI

Pratique admise, pas un droit

La décote doit être justifiée par des éléments objectifs dans les statuts (clause d'agrément, inaliénabilité, etc.). En cas de contrôle, le notaire devra justifier la décote. Une décote excessive entraîne un redressement.

BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40

Évaluation des parts de sociétés non cotées. Décote fondée sur les restrictions statutaires et le caractère minoritaire de la participation.

0 €

Droits dans l'exemple (2 enfants, décote 20 %, nue-propriété à 55 ans)

Démembrement de parts de SCI

Le démembrement de propriété est une technique juridique qui consiste à séparer l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus) de la nue-propriété (le droit de disposer du bien et d'en récupérer la pleine propriété au décès de l'usufruitier). Ce mécanisme s'applique parfaitement aux parts de SCI.

Double avantage fiscal

Donner la nue-propriété des parts de SCI tout en conservant l'usufruit présente un double avantage :

  1. Réduction de la valeur taxable : seule la nue-propriété est transmise, et sa valeur est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI. Plus vous êtes jeune, moins la nue-propriété vaut cher fiscalement. À 55 ans, elle représente 50% de la valeur totale ; à 60 ans, 60% ; à 70 ans, 70%.
  2. Conservation des revenus : vous continuez à percevoir les loyers du bien immobilier détenu par la SCI pendant toute la durée de votre usufruit. Vos enfants ne touchent rien tant que vous êtes en vie, mais ils ne paient quasiment pas de droits au moment de la donation.

Exemple chiffré complet

Vous avez 55 ans et possédez un bien de 400 000 € via une SCI (après application d'une décote de 20% sur un bien réel de 500 000 €). Vous avez deux enfants. Vous décidez de leur donner la nue-propriété des parts de SCI.

Calcul fiscal :

  • Valeur totale des parts : 400 000 €
  • Valeur de la nue-propriété (55 ans) : 50% × 400 000 € = 200 000 €
  • Chaque enfant reçoit : 200 000 € ÷ 2 = 100 000 €
  • Abattement parent-enfant : 100 000 €
  • Base taxable pour chaque enfant : 100 000 € − 100 000 € = 0 €
  • Droits de donation : 0 €

À votre décès, vos enfants récupèrent automatiquement la pleine propriété des parts (réunion de l'usufruit et de la nue-propriété) sans aucun droit à payer. Vous avez transmis 400 000 € (voire 500 000 € si l'on considère la valeur réelle du bien avant décote) sans un euro de fiscalité.

Pour approfondir le mécanisme du démembrement et calculer précisément la valeur de la nue-propriété selon votre âge, consultez notre guide complet sur le démembrement et utilisez notre calculateur de démembrement.

Au décès d'un associé : que deviennent les parts ?

Au décès d'un associé, ses parts entrent dans sa succession et reviennent à ses héritiers. La SCI n'est pas dissoute : elle continue avec les héritiers, qui deviennent associés à proportion de leurs parts (art. 1870 CC), sauf clause d'agrément contraire. Les parts sont évaluées à leur valeur vénale au jour du décès.

La SCI continue avec les héritiers

L'article 1870 du Code civil pose le principe : « La société n'est pas dissoute par le décès d'un associé, mais continue avec ses héritiers ou légataires. » Contrairement à un bien détenu en direct, qui tombe en indivision successorale, les parts de SCI restent dans un cadre organisé. Les héritiers recueillent les parts du défunt et deviennent associés, en respectant les règles de gestion fixées par les statuts.

La clause d'agrément appliquée aux héritiers

Les statuts peuvent prévoir une clause d'agrément qui soumet l'entrée des héritiers à l'accord des associés survivants. Si les associés refusent d'agréer un héritier, celui-ci n'acquiert pas la qualité d'associé : il a droit à une indemnité égale à la valeur de ses parts au jour du décès (art. 1870-1 CC). À défaut d'accord sur ce montant, un expert peut être désigné en justice. Les statuts peuvent aussi prévoir que les héritiers deviennent associés de plein droit, ou réserver l'agrément à certains d'entre eux.

La valorisation des parts et les droits de succession

Pour la déclaration de succession, les parts sont retenues pour leur valeur vénale réelle au jour du décès, calculée par la méthode de l'actif net réévalué (valeur des biens − dettes de la SCI). Une décote de 10 à 30 % peut s'appliquer au titre du caractère minoritaire et du manque de liquidité des parts. Les héritiers paient ensuite les droits de succession au barème de l'article 777 du CGI, après l'abattement lié à leur lien de parenté (100 000 € par enfant, art. 779 CGI). C'est tout l'intérêt d'avoir donné des parts du vivant : seules les parts non transmises restent taxables au décès.

Le compte courant d'associé entre dans la succession

Si le défunt avait avancé des fonds à la SCI (par exemple pour financer des travaux), il dispose d'un compte courant d'associé. Ce solde créditeur est une créance sur la société : il entre dans l'actif successoral, est soumis aux droits de succession et reste, sauf clause statutaire contraire, remboursable à tout moment par la SCI aux héritiers. Anticiper le sort de ce compte courant (donation, clause de blocage) évite que les héritiers réclament un remboursement que la société ne peut pas honorer.

Sort des parts de SCI au décès d'un associé

Selon ce que prévoient les statuts de la société

Situation statutaireConséquence au décès
Aucune clause particulièreLes héritiers deviennent associés de plein droit (art. 1870 CC)
Clause d'agrément, héritier agrééL'héritier devient associé après accord des survivants
Clause d'agrément, héritier refuséRachat des parts, indemnité à la valeur du jour du décès (art. 1870-1 CC)
Clause excluant les héritiersLes héritiers ne sont pas associés mais perçoivent la valeur des parts
Compte courant d'associé créditeurCréance taxable, remboursable aux héritiers sauf blocage statutaire

La valeur retenue pour les droits de succession est la valeur vénale des parts au jour du décès (actif net réévalué, décote 10 à 30 % possible).

SCI vs détention directe

Détention directe

Transmission
Indivision (conflits fréquents)
Décote
Aucune
Donation progressive
Difficile (bien indivisible)
Démembrement
Possible mais moins souple
Contrôle du bien
Perdu si donation en PP
Coûts de création
Aucun
Obligations annuelles
Aucune
Plus-value à la revente
PV des particuliers (IR)

SCI familiale

Transmission
Parts sociales (gestion organisée)
Décote
10 à 30% selon les statuts
Donation progressive
Facile (parts fractionnables)
Démembrement
Renforcé (parts + nue-propriété)
Contrôle du bien
Conservé via la gérance
Coûts de création
1 500 à 3 000 €
Obligations annuelles
Comptabilité, AG, déclarations
Plus-value à la revente
IR ou IS selon le régime

Abattements applicables à la donation de parts de SCI

Montants exonérés, renouvelables tous les 15 ans. Les mêmes abattements s'appliquent aux parts de SCI et aux biens immobiliers en direct.

Lien de parentéAbattementDon TEPA cumulable
Parent vers enfant100 000 €+ 31 865 €
Grand-parent vers petit-enfant31 865 €+ 31 865 €
Entre époux ou partenaires PACS80 724 €Non
Entre frères et sœurs15 932 €Non
Neveu ou nièce7 967 €+ 31 865 €*
Personne handicapée (cumul)+ 159 325 €Selon lien

Art. 779, 790 B, 790 G CGI. Don TEPA : donateur < 80 ans, donataire majeur. * Neveu/nièce : TEPA uniquement à défaut de descendance. Barème complet des droits de donation et détail de tous les abattements.

SCI à l'IR ou à l'IS : l'impact sur la transmission

Le choix du régime fiscal de la SCI a un impact considérable sur la transmission. C'est un point souvent sous-estimé qui peut transformer un bel outil de transmission en piège fiscal.

SCI à l'impôt sur le revenu (régime par défaut)

Par défaut, la SCI est soumise à l'IR (transparence fiscale). Les revenus locatifs sont imposés au niveau de chaque associé. En cas de revente, la plus-value suit le régime des particuliers (art. 150 U CGI) : exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS).

Pour la transmission, la valeur des parts correspond à la valeur du bien (éventuellement décotée) - simple et transparent.

SCI à l'impôt sur les sociétés

La SCI peut opter pour l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Avantage : amortissement comptable du bien, réduisant l'impôt à court terme.

Le piège successoral de l'IS

Un bien de 500 000 € amorti sur 20 ans a une valeur comptable de 0 €. À la revente, la plus-value est calculée sur cette valeur : plus-value énorme, taxée à 25 %. Vos enfants héritent de parts avec une plus-value latente considérable qu'ils n'ont jamais réalisée.

Recommandation

Pour la transmission patrimoniale, l'IR est généralement préféré : simplicité, transparence, exonération progressive des PV. L'IS n'est intéressant que pour la rentabilité locative à court terme.

Option IS : irréversible

Une fois l'IS choisi, retour à l'IR impossible. Vos héritiers récupèrent des parts à valeur comptable quasi nulle, mais avec une plus-value latente taxée lourdement à la revente.

IR vs IS : l'essentiel

  • IR : transparence fiscale, exonération PV après 22/30 ans
  • IS : amortissement du bien, mais piège PV à la revente
  • IR préféré pour la transmission patrimoniale
  • IS uniquement pour forte rentabilité locative

Art. 150 U CGI

Plus-values immobilières des particuliers. Abattement pour durée de détention, exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (prélèvements sociaux).

Risques et limites de la SCI familiale

La SCI familiale est un outil puissant, mais elle n'est pas dénuée de risques. L'administration fiscale et les tribunaux veillent à ce que la SCI ne serve pas uniquement à contourner l'impôt, et peuvent sanctionner les montages abusifs.

Risque de fictivité

Une SCI doit avoir une réalité économique et juridique. Si elle ne sert qu'à détenir un bien sans aucune activité réelle (pas d'assemblée générale, pas de comptabilité, décisions prises unilatéralement par un seul associé, etc.), le juge peut la requalifier en société fictive et considérer que les associés détiennent le bien en indivision. Dans ce cas, tous les avantages fiscaux de la SCI (décote, fractionnement des parts, etc.) tombent.

Pour éviter ce risque, il faut respecter les obligations légales : tenir une comptabilité annuelle, organiser au moins une assemblée générale par an (avec procès-verbal signé), prendre des décisions collectives pour les actes importants, etc. La SCI doit « vivre ».

Risque de donation déguisée

Si vous cédez des parts de SCI à vos enfants pour un prix dérisoire (ou à titre gratuit sans passer par un acte de donation en bonne et due forme), l'administration fiscale peut requalifier l'opération en donation déguisée. Elle réclamera alors les droits de donation, majorés de pénalités et d'intérêts de retard.

La jurisprudence est vigilante : dans un arrêt du 2 mai 2024 (Cass. 1re civ. n°22-14.829), la Cour de cassation a confirmé qu'une vente de parts de SCI à un prix inférieur à la valeur réelle constitue une donation indirecte soumise aux droits de mutation à titre gratuit. Toute transmission de parts doit être faite au juste prix (vente) ou par acte de donation notarié (donation).

Risque d'abus de droit

L'article L64 du Livre des procédures fiscales (LPF) permet à l'administration de sanctionner les montages qui ont pour but exclusif d'échapper à l'impôt, sans substance économique réelle. Si la création de la SCI est motivée uniquement par l'avantage fiscal, sans aucun autre objectif (organisation familiale, gestion collective, etc.), elle peut être requalifiée en abus de droit. La sanction : reprise des droits éludés, majorée de 80%.

Pour éviter ce risque, il faut que la SCI ait une justification économique et familiale réelle : éviter l'indivision, organiser la gestion d'un patrimoine complexe, préparer une succession entre plusieurs enfants, etc. L'avantage fiscal doit être une conséquence du montage, pas son unique motif.

Coûts d'entretien et de gestion

Une SCI génère des frais annuels non négligeables :

  • Coût de création via notaire ou avocat : entre 1 500 et 3 000 € pour la rédaction sur mesure des statuts, l'immatriculation et la publication au greffe. Option privilégiée pour les patrimoines complexes ou les clauses statutaires spécifiques (agrément sur-mesure, pactes, démembrement croisé).
  • Coût de création via plateforme juridique en ligne : les plateformes comme LegalPlace proposent un pack de création SCI (lien partenaire) autour de 200 à 400 €, avec statuts types adaptables et formalités automatisées. Option intermédiaire lorsque la configuration patrimoniale est standard et que le recours au notaire n'est pas strictement nécessaire.
  • Coût de création autonome : environ 300 € (frais de greffe + annonce légale obligatoire), mais la rédaction des statuts est complexe : une clause mal formulée peut invalider la décote ou bloquer une donation future.
  • Comptabilité annuelle : entre 500 et 1 500 € par an selon la complexité et le professionnel choisi (expert-comptable ou comptable indépendant).
  • Droits d'enregistrement sur cession de parts : 5% du prix de cession si la SCI détient majoritairement de l'immobilier (3% après abattement pour certaines cessions).
  • Apport d'un bien à la SCI : acte notarié obligatoire avec droits d'enregistrement (environ 5% de la valeur du bien).

Ces coûts doivent être intégrés dans le calcul de l'avantage fiscal global. Une SCI n'est rentable que si l'économie d'impôt dépasse les coûts de création et de gestion sur la durée.

La SCI ne protège pas contre les créanciers

Contrairement à une idée reçue, la SCI familiale ne protège pas votre patrimoine contre les créanciers. Les créanciers personnels d'un associé ne peuvent certes pas saisir directement le bien immobilier (qui appartient à la SCI), mais ils peuvent saisir les parts sociales de cet associé. Et les créanciers de la SCI elle-même (par exemple un locataire qui obtient des dommages-intérêts) peuvent saisir les biens de la société.

Pour protéger votre patrimoine, d'autres outils existent (société holding, assurance-vie, donation avec réserve d'usufruit, etc.), mais la SCI familiale classique n'est pas un outil de protection patrimoniale.

Pacte Dutreil et SCI : une exonération de 75 % sous conditions strictes

Le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) permet de transmettre des parts de société avec une exonération de 75 % de leur valeur. Appliqué à une SCI, cela signifierait que seuls 25 % de la valeur des parts seraient soumis aux droits de donation. Un levier considérable - mais rarement applicable aux SCI familiales patrimoniales.

Condition clé : l'activité opérationnelle

Le pacte Dutreil est réservé aux sociétés exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Une SCI purement patrimoniale (qui se contente de détenir et louer des biens immobiliers) n'exerce pas une telle activité. Elle est donc exclue du dispositif.

En revanche, une SCI qui exerce une activité mixte - par exemple gestion locative et promotion immobilière, marchand de biens, ou exploitation hôtelière - peut être éligible, à condition que l'activité opérationnelle soit prépondérante.

Durée d'engagement depuis la LFI 2026

La loi de finances initiale pour 2026 a allongé l'engagement individuel de conservation de 4 à 6 ans. Le dispositif impose désormais :

  • Engagement collectif : 2 ans minimum (inchangé)
  • Engagement individuel : 6 ans (contre 4 auparavant)
  • Durée totale minimale : 8 ans de conservation des parts
  • Direction effective : un signataire doit exercer une fonction de direction pendant 3 ans après la transmission

Exclusion des actifs de luxe (LFI 2026)

La LFI 2026 exclut désormais de l'assiette exonérée les biens de luxe détenus par la société : yachts, véhicules de collection, résidences non professionnelles, etc. Si la SCI détient ce type d'actifs, ils sont exclus du calcul de l'exonération de 75 %.

La plupart des SCI familiales ne sont pas éligibles

Une SCI patrimoniale classique (détention et location de biens immobiliers) ne remplit pas la condition d'activité opérationnelle du pacte Dutreil. Seules les SCI avec une activité commerciale ou professionnelle prépondérante peuvent en bénéficier.

75 %

Exonération Dutreil sur la valeur des parts transmises

Art. 787 B CGI

Exonération partielle de droits de mutation à titre gratuit pour les parts de sociétés ayant une activité opérationnelle. Engagement collectif 2 ans + engagement individuel 6 ans (LFI 2026).

Guide complet Pacte Dutreil

Conditions, calcul et changements LFI 2026

Quel est l'impact du démembrement sur votre donation ?

Calculez la valeur de la nue-propriété selon votre âge avec le barème officiel de l'article 669 du CGI.

Donation simple, donation-partage ou réserve d'usufruit ?

Trois formes de donation de parts de SCI, chacune avec ses avantages

Donation simple

Bénéficiaire(s)
Un seul enfant
Valeur de référence au décès
Valeur au jour du partage (risque de litiges)
Rapport à la succession
Rapportable (art. 843 CC)
Risque de conflit
Élevé si les valeurs évoluent
Recommandation SCI
Si un seul donataire

Donation-partage

Bénéficiaire(s)
Tous les enfants ensemble
Valeur de référence au décès
Valeur figée au jour de la donation
Rapport à la succession
Non rapportable si tous les héritiers y participent
Risque de conflit
Faible (valeurs figées)
Recommandation SCI
Préférée si plusieurs enfants

Dans les deux cas, le démembrement (réserve d'usufruit) est possible : vous donnez la nue-propriété des parts tout en conservant l'usufruit et les revenus. Guide complet de la donation-partage.

Comment donner des parts de SCI à ses enfants

Les 6 étapes de la donation de parts sociales

1

Évaluer les parts

Faites estimer la valeur vénale de l'immobilier, déduisez les dettes de la SCI, puis divisez par le nombre de parts. Appliquez une décote de 10 à 30 % (illiquidité, minorité).

2

Choisir le type de donation

Donation simple (un enfant) ou donation-partage (répartition entre tous les enfants). La donation-partage fige les valeurs et évite les litiges au décès.

3

Prendre rendez-vous chez le notaire

La donation de parts de SCI nécessite un acte authentique. Le notaire vérifie les statuts, calcule les droits et rédige l'acte. Comptez entre 1 500 et 4 000 € d'émoluments selon la valeur des parts (barème dégressif : 4,837 % jusqu'à 6 500 €, puis 1,995 %, 1,330 %, 0,998 %).

4

Signer l'acte de donation

Donateur et donataire(s) signent chez le notaire. L'acte précise le nombre de parts, leur valeur, et l'éventuel démembrement (usufruit réservé).

5

Mettre à jour les statuts de la SCI

Modifier les statuts pour refléter la nouvelle répartition du capital. Publier la modification au greffe du tribunal de commerce.

6

Déclarer la donation

Le notaire se charge de l'enregistrement auprès du service de publicité foncière et du paiement des droits de donation.

Évaluer les parts de SCI : la méthode de l'actif net réévalué

La valeur des parts de SCI n'est pas leur valeur nominale (souvent symbolique : 10 € par part). Elle se calcule par la méthode de l'actif net réévalué (ANR) :

Formule

Valeur d'une part = (valeur vénale des biens - dettes de la SCI) / nombre total de parts

Exemple

  • Bien immobilier : valeur vénale 500 000 € (estimation notariale ou base DVF)
  • Emprunt restant dû : 80 000 €
  • Actif net : 420 000 €
  • Capital : 1 000 parts → valeur par part : 420 €
  • Décote 20 % (illiquidité + minorité) : valeur retenue 336 €/part

L'administration fiscale peut contester l'évaluation si elle s'éloigne des prix de marché. Justifiez chaque composante : estimation immobilière récente, relevé d'emprunt, décote motivée par les clauses statutaires (agrément, inaliénabilité).

Clause d'agrément : une étape préalable obligatoire

La plupart des statuts de SCI prévoient une clause d'agrément : toute cession ou donation de parts à un tiers (y compris un enfant) doit être approuvée par les autres associés, souvent à l'unanimité. Vérifiez vos statuts avant d'engager la procédure chez le notaire. Si les statuts prévoient un agrément, convoquez une assemblée générale et faites voter la résolution avant la signature de l'acte de donation.

Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis d'un notaire ou d'un conseiller en gestion de patrimoine pour votre situation particulière. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.

Sources officielles

  • Code civil, articles 1832 à 1870 (sociétés civiles) - Légifrance (article 1832)
  • Code général des impôts, article 669 (barème fiscal du démembrement) - Légifrance
  • BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10 (évaluation de parts de sociétés non cotées) - BOFiP
  • Cass. 1re civ. 02/05/2024 n°22-14.829 (donation déguisée) - Légifrance