Guide succession 2026 : combien vos héritiers devront-ils payer ?
Abattements, barème progressif, stratégies de réduction légale : les chiffres exacts pour anticiper et réduire la facture. Résultat en 2 minutes.

Un patrimoine de 600 000 €, 2 enfants : combien paient-ils ?
Un cas courant : appartement parisien, résidence secondaire et épargne bancaire.
Chaque enfant reçoit 300 000 €. Après abattement de 100 000 €, l'État prélève des droits sur les 200 000 € restants.
Calcul par enfant (barème progressif)
- 0 - 8 072 € à 5 % = 403,60 €
- 8 072 - 12 109 € à 10 % = 403,70 €
- 12 109 - 15 932 € à 15 % = 573,45 €
- 15 932 - 200 000 € à 20 % = 36 813,60 €
Droits par enfant : 38 194 €
Total famille : 76 388 €
Soit 12,7 % du patrimoine transmis à l'État
Avec 15 ans d'anticipation, ces droits peuvent être significativement réduits, voire éliminés.
Voir les stratégies100 000 €
Abattement par enfant
15 ans
Renouvellement abattement
5-45 %
Barème ligne directe
6 mois
Délai de déclaration
Autre cas : un frère hérite de 150 000 €
Un frère unique hérite d'un patrimoine de 150 000 €. Après abattement de 15 932 €, la base taxable est de 134 068 €.
- Première tranche (jusqu'à 24 430 €) à 35 % = 8 550 €
- Au-delà (109 638 €) à 45 % = 49 337 €
Total des droits : 57 887 € - soit 38,6 % du patrimoine. À comparer avec 12,7 % pour un enfant sur 300 000 €.
C'est pourquoi la donation de son vivant et l'assurance-vie sont des stratégies particulièrement efficaces pour les transmissions hors ligne directe.
Abattements sur les droits de succession (2026)
Chaque héritier bénéficie d'un abattement - la part non taxée. Au-delà, le barème progressif s'applique.
| Bénéficiaire | Abattement | À savoir |
|---|---|---|
| Conjoint / Pacsé | Exonération totale | Aucun droit, quel que soit le montant |
| Enfant | 100 000 € | Par enfant, par parent. Se renouvelle tous les 15 ans |
| Petit-enfant | 1 594 € | En représentation d'un parent décédé : 100 000 € partagés entre co-représentants (ex. : 3 petits-enfants = 33 333 € chacun) |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | Par personne |
| Frère / Sœur | 15 932 € | Exonération si cohabitation 5 ans + célibataire + 50 ans ou handicapé |
| Neveu / Nièce | 7 967 € | Par personne |
| Beau-fils / Belle-fille | 15 932 € | Nouveau 2026 : x10 (avant : 1 594 €). Soins continus 5 ans min. si mineur au décès (10 ans si majeur). Taux : 60 % au-delà de l'abattement |
| Personne handicapée | + 159 325 € | Cumulable avec l'abattement de parenté |
| Autres (dont concubin) | 1 594 € | Taxation à 60 % |
Détail complet des abattements · Seuils et abattements gelés depuis 2011 (derniers taux relevés en 2012). Aucune revalorisation prévue.
Un couple avec 2 enfants peut transmettre 400 000 € tous les 15 ans sans payer un euro de droits de succession
Barème progressif en ligne directe (2026)
Taux appliqués à la part taxable de chaque héritier, après déduction de l'abattement.
| Tranche taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Seuils non revalorisés depuis 2011, taux des deux dernières tranches relevés en 2012. Tous les barèmes
Barème pour les autres liens de parenté
Les taux augmentent fortement à mesure que le lien familial s'éloigne.
| Lien de parenté | Abattement | Taux d'imposition |
|---|---|---|
| Frère / Sœur | 15 932 € | 35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà |
| Neveu / Nièce | 7 967 € | 55 % |
| Parent au 4e degré (cousin germain) | 1 594 € | 55 % |
| Beau-fils / Belle-fille (LFI 2026) | 15 932 € | 60 % |
| Concubin / Non-parent | 1 594 € | 60 % |
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés (art. 796-0 bis CGI).
Abattement de 20 % sur la résidence principale
Si le logement familial faisait partie de la succession, sa valeur peut être réduite de 20 % pour le calcul des droits (art. 764 bis CGI). Conditions :
- Le bien était la résidence principale du défunt au jour du décès
- Il est occupé par le conjoint survivant, un enfant mineur ou majeur protégé, ou un enfant majeur héritier
Exemple : un appartement évalué 400 000 € sera déclaré pour 320 000 € dans la succession. Sur un patrimoine de 600 000 € avec résidence principale de 400 000 €, l'économie d'impôt atteint environ 16 000 € pour 2 enfants.
Cet abattement se cumule avec les abattements personnels (100 000 € par enfant). Il s'applique aussi lorsque le bien est détenu en indivision ou en communauté.
Comment transmettre 400 000 € sans payer de droits ?
L'abattement de 100 000 € par enfant se renouvelle tous les 15 ans. Un couple avec 2 enfants peut transmettre 400 000 € exonérés tous les 15 ans - soit 800 000 € en 30 ans, sans un euro de droits.
C'est la stratégie la plus simple et la plus efficace. Elle ne nécessite qu'un acte notarié.

Comment protéger votre concubin sans payer 60 % de droits ?
L'assurance-vie hors succession : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (primes versées avant 70 ans), puis 20 % jusqu'à 852 500 €, 31,25 % au-delà.
Après 70 ans : 30 500 € d'abattement global (partagé entre tous les bénéficiaires), mais les intérêts restent exonérés.
Les capitaux sont versés directement aux bénéficiaires désignés. Idéal pour protéger un concubin qui serait sinon taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement.
152 500 €
Abattement AV par bénéficiaire (primes avant 70 ans)
Concubin sans AV
Taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement. L'assurance-vie est le seul levier efficace.
Guide assurance-vie
Fiscalité, clause bénéficiaire, stratégies avant et après 70 ans
Comment réduire la base taxable de 50 % ou plus ?
Le démembrement : donnez la nue-propriété à vos enfants, conservez l'usufruit. Au décès, ils récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires.
Valeur nue-propriété (taxée)
- 51-60 ans
- 50 %
- 61-70 ans
- 60 %
- 71-80 ans
- 70 %
- 81-90 ans
- 80 %
Valeur usufruit (non taxée)
- 51-60 ans
- 50 %
- 61-70 ans
- 40 %
- 71-80 ans
- 30 %
- 81-90 ans
- 20 %
Article 669 du CGI. Donation en démembrement : stratégie et calcul
Le don familial exonéré (art. 790 G CGI)
En plus de l'abattement classique de 100 000 €, chaque parent peut donner 31 865 € en numéraire par enfant, exonéré de droits, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire au moins 18 ans (art. 790 G CGI). Ce don familial TEPA se renouvelle aussi tous les 15 ans.
Impact concret : un couple avec 2 enfants peut transmettre 463 730 € exonérés en une seule opération (2 × 100 000 € + 2 × 31 865 € par parent). Sur 30 ans avec renouvellement, cela représente 927 460 € sans droits.
Ce don familial n'est possible qu'à défaut de descendance pour les neveux et nièces (le donateur ne doit pas avoir d'enfants ou petits-enfants). Donner de l'argent à ses enfants.
Stratégie n°4 : La donation-partage
Répartissez vos biens par acte notarié. Les valeurs sont figées au jour de la donation : un bien donné à 200 000 € qui en vaut 500 000 € au décès sera rappelé à 200 000 € (contre 500 000 € pour une donation simple).
Stratégie n°5 : Le Pacte Dutreil
Chefs d'entreprise : exonération de 75 % de la valeur des titres, sous conditions (engagement collectif 2 ans + individuel 6 ans depuis la LFI 2026, fonctions de direction). Entreprise à 800 000 € = base taxable de 200 000 € seulement.
Combien vos héritiers paieront-ils ?
Donation anticipée, démembrement, assurance-vie : entrez votre patrimoine et votre situation familiale. Le simulateur compare les stratégies. Gratuit, sans inscription.
5 erreurs courantes qui alourdissent la facture
Attendre trop longtemps pour donner
À 50 ans, vous pouvez encore utiliser 2 cycles d'abattements (15 ans chacun) avant 80 ans. Un couple qui donne 400 000 € à 50 ans peut renouveler à 65 ans : 800 000 € transmis sans droits.
Ne pas vérifier ses bénéficiaires d'assurance-vie
Votre ex-conjoint est peut-être encore désigné. Un contrat mal rédigé peut coûter des dizaines de milliers d'euros à la mauvaise personne - ou déclencher 60 % de droits au lieu de 20 %.
Négliger le sort du concubin
Sans testament ni assurance-vie, votre concubin n'hérite de rien. Et s'il hérite par testament, il est taxé à 60 % après seulement 1 594 € d'abattement.
Sous-estimer l'impact des dettes
Vos héritiers peuvent renoncer ou accepter à concurrence de l'actif net (option protectrice qui limite la responsabilité aux biens reçus). Ils sont protégés pendant 4 mois (personne ne peut les forcer à choisir), puis disposent de 10 ans pour opter.
Laisser vos héritiers en indivision
Copropriété forcée = même les indivisaires détenant 2/3 des droits doivent passer par le tribunal judiciaire pour obtenir l'autorisation de vendre (art. 815-5-1 Code civil), avec vente aux enchères et risque de refus si « atteinte excessive » aux droits des autres. Source de conflits familiaux et de blocages qui durent des années.
Délais à connaître
Le règlement d'une succession prend en moyenne 6 à 12 mois. Voici les échéances clés.
| Étape | Délai | Conséquence si dépassé |
|---|---|---|
| Déclaration de succession | 6 mois (12 si décès à l'étranger) | Intérêts de 0,20 %/mois. Majoration de 10 % uniquement après mise en demeure (40 % si non régularisé sous 90 jours - art. 1728, 2° CGI) |
| Acte de notoriété | 2 à 6 semaines | Blocage des comptes bancaires |
| Paiement des droits | 6 mois après le décès | Paiement fractionné possible (taux 2 % en 2026) |
| Déblocage des fonds bancaires | 1 à 2 mois (si succession simple) | Jusqu'à 12 mois si complexité |
| Option du conjoint (usufruit/PP) | Aucun délai légal | Usufruit présumé uniquement si les héritiers l'ont mis en demeure de choisir et qu'il n'a pas répondu sous 3 mois (art. 758-3 CC) |
| Acceptation/renonciation | 4 mois de protection (puis 10 ans pour opter) | Pendant 4 mois, personne ne peut vous forcer à choisir. Au-delà, les créanciers ou co-héritiers peuvent vous sommer d'opter |
Paiement fractionné : jusqu'à 1 an (3 versements) ou 3 ans (7 versements) si actif non liquide. Taux 2026 : 2 %. Le rôle du notaire. Face à des dettes, les héritiers peuvent accepter ou refuser la succession.
Et les frais de notaire ?
En succession, les « frais de notaire » se composent d'émoluments réglementés et de débours. Les droits de succession, eux, sont payés séparément à l'administration fiscale. Principaux émoluments : acte de notoriété (67,92 € TTC), attestation immobilière (0,532 % à 1,935 % selon tranches), déclaration de succession (proportionnelle à l'actif).
Le règlement d'une succession passe obligatoirement par un notaire dès qu'elle comprend un bien immobilier ou dépasse 5 965 €. Vous pouvez trouver un notaire près de chez vous via l'annuaire officiel.
Qui hérite ? Les 4 ordres d'héritiers
Si vous n'avez rien prévu (pas de testament), le Code civil définit précisément l'ordre de priorité.
1er ordre : vos descendants
Enfants, petits-enfants. Ils héritent à parts égales. Si un enfant est décédé, ses enfants prennent sa place.
2e ordre : parents et fratrie
Père et mère (1/4 max chacun), frères et sœurs ou leurs descendants.
3e ordre : ascendants
Grands-parents. La succession se divise entre branches paternelle et maternelle.
4e ordre : collatéraux
Oncles, tantes, cousins jusqu'au 6e degré. Au-delà, l'État hérite.
Le conjoint survivant
Le conjoint marié hérite toujours, totalement exonéré de droits de succession. Sa part dépend de la situation familiale.
| Situation | Part du conjoint |
|---|---|
| Avec enfants communs | 1/4 en pleine propriété ou usufruit de la totalité (au choix) |
| Avec enfants d'une autre union | 1/4 en pleine propriété uniquement |
| Sans enfant, avec les deux parents | 1/2 du patrimoine (3/4 si un seul parent vivant) |
| Sans enfant ni parents | Totalité |
Le partenaire de PACS et le concubin ne sont pas héritiers légaux. Sans testament, ils ne reçoivent rien. Ordre des héritiers et parts
La réserve héréditaire
La loi garantit à vos enfants une part minimale. Le reste (quotité disponible) est à votre libre disposition.
1/2
Réserve pour 1 enfant
2/3
Réserve pour 2 enfants
3/4
Réserve pour 3+ enfants
Comment calculer l'actif net taxable
Les droits de succession se calculent sur l'actif net taxable, pas sur l'actif brut :
- Actif brut : totalité des biens du défunt (immobilier, comptes, assurance vie hors succession, meubles, véhicules)
- - Passif déductible : dettes du défunt, frais funéraires (forfait 1 500 € ou réel), impôts dus au jour du décès
- = Actif net successoral
- - Abattements par héritier (100 000 € enfant, etc.)
- = Base taxable → application du barème progressif
Déclaration : le notaire remplit les formulaires Cerfa 2705, 2705-S et 2705-A qui détaillent l'actif, le passif et le calcul des droits. Délai : 6 mois après le décès.
Ce qui change en 2026
- Assurance-vie : rien ne change. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (primes versées avant 70 ans, art. 990 I CGI) est maintenu en 2026, avec 20 % jusqu'à 852 500 € puis 31,25 % au-delà. L'amendement qui aurait ouvert une transmission anticipée de son vivant avec ce même abattement pour les assurés de 70 ans et plus, adopté en première lecture le 03/11/2025, n'a pas survécu au 49.3 : il n'est pas entré en vigueur.
- Dons familiaux exonérés (art. 790 A bis CGI) : dons d'argent pour achat de résidence principale neuve ou VEFA (depuis le 15/02/2025, jusqu'au 31/12/2026), logement ancien pour primo-accédants (LFI 2026, du 01/01/2026 au 30/06/2027), ou travaux de rénovation énergétique, exonérés jusqu'à 100 000 € par donateur, plafond de 300 000 € par bénéficiaire. Conditions : utilisation dans les 6 mois, résidence principale pendant 5 ans minimum. Non cumulable avec MaPrimeRénov. Cet abattement se cumule avec l'abattement classique de 100 000 €.
- Familles recomposées : abattement beaux-enfants passe de 1 594 à 15 932 € (x10). Condition : mariage ou PACS avec le parent, soins et secours continus pendant 5 ans minimum durant la minorité de l'enfant (ou 10 ans couvrant minorité + majorité). Attention : le taux d'imposition reste à 60 % au-delà de l'abattement (taux « autres »), pas le barème frères/sœurs.
- Frais bancaires : plafonnés à 1 % des avoirs avec un maximum de 857 € (décret n° 2025-1363 du 26/12/2025, loi n° 2025-415 du 13/05/2025). Gratuité totale si les avoirs bancaires sont inférieurs à 5 965 €, si le défunt était mineur, ou si les héritiers présentent un acte de notoriété sans complexité manifeste.
- Paiement fractionné : taux d'intérêt fixé à 2 % pour 2026 (contre 2,3 % en 2025). Taux réduit pour transmissions d'entreprises : 0,7 %.
- Gel du barème : seuils et abattements gelés depuis 2011, taux des deux dernières tranches relevés en 2012 (loi n° 2012-958). Aucune revalorisation dans la LFI 2026. Avec une inflation à 2 %/an, l'abattement de 100 000 € perd environ 2 000 € de pouvoir d'achat chaque année.
Sources officielles : service-public.fr, économie.gouv.fr, legifrance.gouv.fr (tarif notaires, arrêté du 28 février 2024), décret n° 2025-1363 du 26/12/2025 (frais bancaires).
Questions fréquentes
76 388 € de droits - ou zéro : quelle est votre situation ?
Dans l'exemple de ce guide, une anticipation de 15 ans aurait permis de transmettre 600 000 € sans droits. Estimez les droits qui pèseront sur votre propre situation.
Approfondir
Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis du professionnel adapté à votre situation : un notaire pour les actes (donation, testament, règlement de succession), un conseiller en gestion de patrimoine pour une stratégie d'anticipation, un avocat fiscaliste en cas de contentieux. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.