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Donation de son vivant : combien transmettre sans payer de droits ?

Chaque parent peut donner 131 865 € par enfant sans droits - renouvelable tous les 15 ans. Anticipez pour multiplier les avantages.

Dernière revue éditoriale
Sources officiellesArt. 779 CGI (abattements)Art. 790 G CGI (don TEPA)Art. 790 A bis (exo immobilier 2026)Déclaration en ligne obligatoire depuis 2026

100 000 €

Abattement par enfant (art. 779 CGI)

31 865 €

Don TEPA cumulable (< 80 ans)

15 ans

Renouvellement des abattements

0 €

De droits si abattement respecté

Pourquoi anticiper

Donner de son vivant : l'avantage fiscal majeur

La donation de son vivant est le moyen le plus efficace de transmettre son patrimoine en réduisant légalement les droits de succession. Contrairement à la succession, les abattements se reconstituent tous les 15 ans : en anticipant, vous multipliez mécaniquement les montants transmis sans droits.

Exemple concret : Christine, 58 ans, a 2 enfants majeurs. En 2026, elle donne 131 865 € à chacun (100 000 € + 31 865 € TEPA). Avec son conjoint, qui dispose des mêmes abattements, cela représente 527 460 € transmis sans aucun droit sur cette seule opération. En 2041, les abattements sont entièrement reconstitués et l'opération peut être répétée à l'identique : c'est la répétition, et non le montant unitaire, qui fait la puissance du dispositif.

Combien pouvez-vous donner sans droits ?

Simulez votre situation en 2 minutes. Résultat immédiat, gratuit, sans inscription.

Combien sans droits

Abattements par bénéficiaire en 2026

Montants gelés depuis août 2012, renouvelables tous les 15 ans

BénéficiaireAbattement classiqueDon TEPA cumulableTotal sans droits
Enfant100 000 € (art. 779 I)31 865 € (< 80 ans)131 865 €
Petit-enfant31 865 € (art. 790 B)31 865 € (< 80 ans)63 730 €
Arrière-petit-enfant5 310 € (art. 790 D)31 865 € (< 80 ans)37 175 €
Conjoint / PACS80 724 € (art. 790 E/F)-80 724 €
Frère / soeur15 932 € (art. 779)-15 932 €
Neveu / nièce7 967 € (art. 779 IV)31 865 € (sans descendant)39 832 €

Le don TEPA (art. 790 G CGI) exige : donateur < 80 ans, donataire majeur, don en pleine propriété de sommes d'argent. Pour les neveux/nièces : uniquement si le donateur n'a pas de descendant.

Le barème des droits, si la donation dépasse l'abattement

Sept tranches, de 5 % à 45 % en ligne directe (art. 777 CGI)

Barème des droits de donation en ligne directe

Applicable sur la fraction excédant l'abattement (art. 777 CGI, gelé depuis 2011)

Tranche taxableTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Ce barème s'applique uniquement à la fraction qui dépasse l'abattement. Si vous donnez 100 000 € à un enfant : 0 € de droits.

En anticipant, vous multipliez mécaniquement les montants transmis sans droits.

Principe du rappel fiscal de 15 ans (art. 784 CGI)

Le rappel fiscal de 15 ans : comment ça marche ?

Le rappel fiscal (art. 784 CGI) est le mécanisme clé à comprendre pour planifier vos donations. Chaque donation de moins de 15 ans est "rappelée" : elle vient réduire l'abattement disponible pour la donation suivante (ou la succession).

En pratique : si vous donnez 100 000 € à votre enfant en 2026, votre abattement de 100 000 € est consommé. Si vous souhaitez donner à nouveau, vous devrez attendre 2041 pour retrouver l'intégralité de l'abattement.

La stratégie recommandée : commencez à donner le plus tôt possible. À 58 ans, vous avez potentiellement 2 cycles de donation (58 ans + 73 ans) avant une succession probable. À 70 ans, vous n'en avez plus qu'un. Le temps est votre meilleur allié fiscal.

Attention : le rappel fiscal s'applique aussi entre donation et succession. Les donations de moins de 15 ans au jour du décès réduisent l'abattement successoral. Les donations de plus de 15 ans sont "effacées" et n'impactent pas la succession.

15 ans

Durée du rappel fiscal

Base légale

Art. 784 CGI - les donations de moins de 15 ans sont rapportées pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit.

Aller plus loin

Fiscalité complète des donations

Exonération temporaire 2026 : jusqu'à 100 000 € supplémentaires

L'article 790 A bis du CGI prévoit une exonération exceptionnelle en plus des abattements classiques :

  • Logement neuf ou VEFA : jusqu'à 100 000 € par donateur et par donataire, du 15 février 2025 au 31 décembre 2026. Le donataire doit affecter les fonds dans les 6 mois et conserver le bien 5 ans.
  • Logement ancien pour primo-accédants : même plafond de 100 000 €, du 1er janvier 2026 au 30 juin 2027. Le donataire doit être primo-accédant et en faire sa résidence principale pendant 5 ans.

Plafond global : 300 000 € par donataire, tous donateurs confondus. Cumulable avec les abattements classiques et le don TEPA.

Exemple de transmission anticipée 2026

Un couple donne 131 865 € + 100 000 € (exo immobilier) = 231 865 € par enfant sans aucun droit de donation. Soit 463 730 € pour 2 enfants.

Votre donation dépasse l'abattement ?

Calculez précisément vos droits selon votre lien de parenté et le montant transmis.

Les formes de donation

Les 4 formes de donation de son vivant

Selon la nature du bien transmis et votre situation, vous choisirez l'une de ces 4 formes :

1. Le don manuel - Le plus simple : remise d'argent, chèque, virement. Aucun notaire requis. Idéal pour transmettre des sommes d'argent à ses enfants dans la limite des abattements. La déclaration en ligne (formulaire 2735) sur impots.gouv.fr est obligatoire depuis le 1er janvier 2026, dans le mois suivant le don.

2. La donation notariée - Obligatoire pour l'immobilier (art. 931 Code civil). Le notaire rédige l'acte, calcule les droits et procède à l'enregistrement. Frais : 1 à 5 % du montant selon les tranches (émoluments réglementés).

3. La donation-partage - Partage anticipé entre tous les enfants. Avantage majeur : les biens sont évalués au jour de la donation (pas au décès), ce qui évite les litiges. Nécessite un notaire.

4. Le démembrement - Donnez la nue-propriété en conservant l'usufruit (droit d'usage et revenus). Au décès, le donataire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires. Particulièrement avantageux pour l'immobilier.

Don manuel

Donation la plus courante

Donation immobilière

Tout savoir sur la donation d'un bien immobilier

Donation immobilière

Un bien immobilier ne peut pas faire l'objet d'un don manuel. L'acte notarié est obligatoire sous peine de nullité.

Donner avant 70 ans : l'avantage du démembrement

C'est le mécanisme central pour transmettre à moindre coût. En donnant la nue-propriété d'un bien tout en conservant l'usufruit (le droit d'habiter le logement ou d'en percevoir les loyers), vous ne payez des droits que sur la valeur de la nue-propriété, jamais sur la valeur totale.

Cette valeur dépend de votre âge au jour de la donation, selon un barème fixé par l'article 669 du CGI. Plus vous donnez tôt, plus l'usufruit conservé est important et plus la base taxable est faible. C'est pourquoi donner avant 70 ans est si avantageux : la nue-propriété n'est alors taxée que sur 60 % de la valeur du bien.

Au décès, l'usufruit rejoint la nue-propriété : le donataire devient plein propriétaire sans aucun droit supplémentaire (art. 1133 CGI). La donation en démembrement d'un bien immobilier exige un acte notarié. Vous pouvez trouver une étude via l'annuaire officiel des notaires.

Barème de l'usufruit selon l'âge du donateur (art. 669 CGI)

Vous ne payez des droits que sur la nue-propriété transmise

Âge du donateurUsufruit conservéNue-propriété transmise (base taxable)
Moins de 21 ans révolus90 %10 %
Moins de 31 ans révolus80 %20 %
Moins de 41 ans révolus70 %30 %
Moins de 51 ans révolus60 %40 %
Moins de 61 ans révolus50 %50 %
Moins de 71 ans révolus40 %60 %
Moins de 81 ans révolus30 %70 %
Moins de 91 ans révolus20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

« Moins de 71 ans révolus » couvre les donateurs jusqu'à 70 ans inclus : la nue-propriété transmise n'est taxée que sur 60 % de la valeur du bien. Dès 71 ans, la base passe à 70 %. L'abattement par bénéficiaire (100 000 € par enfant) s'applique ensuite sur cette base réduite.

En pratique

Les 5 étapes d'une donation de son vivant

1

Évaluez votre capacité

Calculez combien vous pouvez donner en tenant compte des abattements disponibles et du rappel fiscal de 15 ans. Utilisez notre simulateur pour un résultat précis.

2

Choisissez la forme adaptée

Don manuel pour l'argent, donation notariée pour l'immobilier, donation-partage pour répartir entre plusieurs enfants, démembrement pour conserver l'usage.

3

Consultez un notaire si nécessaire

Obligatoire pour l'immobilier et la donation-partage. Recommandé pour les montants importants. Comptez 1 à 5 % de frais de notaire.

4

Déclarez dans le mois

Don manuel : déclaration en ligne obligatoire sur impots.gouv.fr depuis 2026. Donation notariée : le notaire se charge de l'enregistrement.

5

Planifiez la suite

Après 15 ans, vos abattements sont entièrement reconstitués. Prévoyez un calendrier de donations pour maximiser la transmission sans droits.

Combien coûte une donation de son vivant ?

Le coût dépend de la forme choisie et du montant transmis :

  • Don manuel : gratuit si vous restez dans les abattements. Seule la déclaration en ligne est obligatoire.
  • Donation notariée : émoluments du notaire (barème dégressif : 4,837 % jusqu'à 6 500 €, puis 2,063 %, 1,375 % et 1,031 %). Pour une donation de 200 000 € : environ 2 500 € d'émoluments hors taxes. Ce n'est pas la facture finale : la TVA, la taxe de publicité foncière et la contribution de sécurité immobilière s'y ajoutent, comme détaillé juste après.
  • Droits de donation : 0 € si le montant reste dans les abattements. Au-delà, barème progressif de 5 % à 45 % en ligne directe (art. 777 CGI).
  • Taxe de publicité foncière : 0,60 % pour les donations immobilières.

Ce que coûte vraiment une donation immobilière

C'est la question la plus posée sur ce sujet, et la source de la déception la plus fréquente : « sans droits » ne veut pas dire « sans frais ». L'abattement efface les droits de donation. Il n'efface ni la rémunération du notaire, ni les taxes que celui-ci collecte pour l'État. Une donation immobilière parfaitement couverte par l'abattement de 100 000 € coûte donc quand même de l'argent, le jour de la signature.

Trois postes se cumulent, et on gagne à ne pas les confondre. Les droits de donation d'abord, nuls tant que l'abattement n'est pas dépassé. Les émoluments du notaire ensuite, tarifés par décret et donc identiques dans toutes les études : le choix du notaire ne joue pas sur ce poste. Les taxes enfin, qui sont dues quel que soit le montant des droits : la taxe de publicité foncière au taux de 0,60 %, portée à 0,61422 % par les frais d'assiette de 2,37 %, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %, et la TVA à 20 % sur les émoluments.

Le piège d'assiette, celui que presque personne n'explique. Quand vous donnez la nue-propriété en conservant l'usufruit, les droits, la taxe de publicité foncière et la contribution de sécurité immobilière portent bien sur la seule valeur de la nue-propriété. Mais les émoluments du notaire, eux, se calculent sur la valeur en pleine propriété du bien (art. A444-67 du Code de commerce), comme si vous l'aviez donné en entier. Le démembrement divise l'impôt, pas la facture de l'étude.

Sur une maison de 300 000 € donnée en nue-propriété à 62 ans, la nue-propriété vaut 60 % de la valeur, soit 180 000 € (art. 669 du CGI). Les taxes se calculent sur ce montant : 1 105,60 € de taxe de publicité foncière et 180 € de contribution de sécurité immobilière. Les émoluments, eux, seront calculés sur 300 000 €. C'est précisément ce que les estimations trouvées en ligne oublient, et l'écart n'est pas anecdotique.

Le détail poste par poste, selon la nature du bien et le montage retenu, est traité sur nos pages consacrées à la donation d'un bien immobilier et au démembrement de propriété.

Art. A444-67 du Code de commerce

L'assiette des émoluments proportionnels est la valeur en pleine propriété du bien, même lorsque le donateur se réserve l'usufruit et ne transmet que la nue-propriété.

Sans droits n'est pas sans frais

Même lorsque l'abattement absorbe la totalité de la donation et qu'aucun droit n'est dû, les émoluments et les taxes restent exigibles le jour de l'acte.

Donation immobilière

Le détail des frais poste par poste

Donner après 70 ans, après 80 ans : ce qui change

Tout ce qui précède pousse à donner tôt, et c'est fondé. Mais passé 70 ans, la conclusion à en tirer n'est pas de renoncer : sur les trois leviers de la donation, un seul disparaît réellement avec l'âge.

L'abattement de 100 000 € ne dépend pas de votre âge. L'article 779 du CGI ne pose aucune condition de ce type. Il est entier à 75 ans comme à 85 ans, par parent et par enfant, et il se reconstitue toujours au bout de 15 ans. Le détail par lien de parenté figure sur notre page consacrée aux abattements applicables aux donations et aux successions.

C'est souvent l'âge où l'on pense à sauter une génération. L'abattement de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant (art. 790 B) obéit aux mêmes règles et se cumule, lui aussi, avec le don familial tant que le donateur n'a pas 80 ans : les conditions et les montants sont détaillés sur la page donation aux petits-enfants.

Le don familial de sommes d'argent, lui, s'éteint à 80 ans. Les 31 865 € de l'article 790 G exigent un donateur de moins de 80 ans. C'est le seul dispositif qui disparaît, et il disparaît d'un coup, à la date anniversaire. Tant qu'il reste ouvert, il se cumule avec l'abattement classique, ce qui porte le total à 131 865 € par parent et par enfant.

Le démembrement devient moins avantageux, jamais inutile. Entre 71 et 80 ans, la nue-propriété transmise est taxée sur 70 % de la valeur du bien ; entre 81 et 90 ans, sur 80 % ; au-delà, sur 90 % (art. 669 du CGI). La décote se réduit, elle ne s'annule pas.

Le véritable obstacle, après 80 ans, n'est pas fiscal mais calendaire : c'est le rappel de 15 ans. Une donation consentie à 82 ans a peu de chances d'être purgée au jour du décès, et sera donc rapportée. Cela ne la rend pas inutile pour autant : l'abattement qu'elle consomme aurait de toute façon servi au décès. Ce que l'âge fait perdre, c'est la répétition des abattements, pas les abattements eux-mêmes.

Bien choisir

Donation de son vivant ou succession : le comparatif poste par poste

Six critères, du moment choisi jusqu'à l'évaluation des biens

Donation de son vivant ou succession : que choisir ?

Donation de son vivant

Moment
Quand vous le décidez
Abattements
Renouvelables tous les 15 ans
Choix du bénéficiaire
Libre (dans la limite de la réserve)
Réduction des droits
50 % pour une donation d'entreprise Dutreil (donateur < 70 ans)
Évaluation des biens
Au jour de la donation
Contrôle du bien
Possible via démembrement

Succession (au décès)

Moment
Au décès uniquement
Abattements
Une seule fois
Choix du bénéficiaire
Selon la loi ou le testament
Réduction des droits
Aucune
Évaluation des biens
Au jour du décès
Contrôle du bien
Perdu définitivement

La donation de son vivant permet de multiplier les abattements dans le temps. Sur 30 ans, un donateur peut utiliser 2 à 3 fois ses abattements.

Donation de son vivant : 5 pièges à éviter

Le dispositif est avantageux, mais quelques règles peuvent coûter cher si elles sont ignorées.

  • L'irrévocabilité : une donation est définitive (art. 894 du Code civil). Sauf cas exceptionnels (ingratitude du donataire, inexécution des charges), vous ne pouvez pas récupérer le bien donné. Ne donnez jamais au point de ne plus pouvoir vivre de vos propres ressources.
  • La réserve héréditaire : vous ne pouvez pas déshériter un enfant. Une donation qui entame la part réservée aux héritiers peut faire l'objet d'une action en réduction au décès, obligeant le bénéficiaire à indemniser les autres.
  • Le rappel fiscal de 15 ans : si vous décédez moins de 15 ans après une donation, celle-ci est réintégrée dans le calcul et réduit l'abattement disponible pour la succession. Anticiper tôt reste la meilleure protection.
  • L'accord de tous les enfants : la donation-partage suppose le consentement de l'ensemble des héritiers réservataires. Un désaccord familial peut la bloquer.
  • Le coût initial pour l'immobilier : les frais de notaire et la taxe de publicité foncière sont dus immédiatement, même lorsque le montant reste dans l'abattement et qu'aucun droit de donation n'est exigible.

Garder de quoi vivre

Ne donnez jamais au-delà de ce dont vous n'aurez plus besoin. Le démembrement (donner la nue-propriété, garder l'usufruit) permet justement de transmettre tout en conservant l'usage du bien et ses revenus. La règle de prudence appliquée par les notaires, et la récupération possible par le département au titre de l'aide sociale, sont détaillées dans combien garder pour soi avant de donner.

Questions fréquentes sur la donation de son vivant

Prêt à anticiper votre transmission ?

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Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis du professionnel adapté à votre situation : un notaire pour les actes (donation, testament, règlement de succession), un conseiller en gestion de patrimoine pour une stratégie d'anticipation, un avocat fiscaliste en cas de contentieux. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.