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Succession internationale : quelle loi s'applique et qui paie les droits ?

Deux questions distinctes, deux corps de règles. La loi civile qui désigne les héritiers dépend de la dernière résidence habituelle du défunt. La fiscalité dépend, elle, du lieu des biens et de l'existence d'une convention entre la France et l'autre État : 37 États et territoires en ont une, et la liste réserve des surprises.

12 mois

Délai de déclaration si le décès a lieu à l'étranger

37

États et territoires liés à la France par une convention successions

25

États de l'UE appliquant le règlement 650/2012

La loi applicable

Le principe : la loi de la dernière résidence habituelle

Depuis le 17 août 2015, le règlement européen 650/2012 unifie les règles de conflit de lois en matière successorale dans l'Union européenne. Le principe est simple : c'est la loi de l'État dans lequel le défunt avait sa dernière résidence habituelle qui régit l'ensemble de la succession.

Conséquences pratiques

  • Un Français résidant en Espagne : sa succession est régie par le droit espagnol (réserve héréditaire différente, règles de partage espagnoles)
  • Un Allemand résidant en France : sa succession est régie par le droit français (réserve héréditaire française, barème français)
  • Un Français résidant en France avec un bien au Portugal : droit français pour toute la succession, mais fiscalité portugaise possible sur le bien situé au Portugal

La résidence habituelle n'est pas le domicile fiscal. C'est le lieu où le défunt vivait de manière stable et continue, apprécié au cas par cas (centre d'intérêts, durée de séjour, liens familiaux et professionnels). Un séjour de fin de vie à l'étranger, même prolongé, ne suffit pas toujours à la déplacer.

Règlement UE 650/2012

Art. 21 : la loi applicable est celle de l'État de la dernière résidence habituelle du défunt au moment du décès.

Attention aux idées reçues

La nationalité ne détermine pas la loi applicable. Un Français qui réside à l'étranger n'est pas automatiquement soumis au droit français.

Ordre des héritiers en droit français

Réserve héréditaire et quotité disponible

Le choix de la loi

La professio juris : choisir sa loi nationale par testament

L'article 22 du règlement 650/2012 permet au défunt de choisir, de son vivant et par testament, la loi de sa nationalitépour régir l'ensemble de sa succession. Ce choix s'appelle la professio juris.

Exemple :un Français résidant au Portugal peut indiquer dans son testament qu'il choisit la loi française. Sa succession sera alors régie par le droit français (réserve héréditaire, quotité disponible, règles de partage françaises), même si son domicile est au Portugal.

Limites :la professio juris ne permet de choisir que la loi de la nationalité du défunt, pas celle d'un pays tiers. En cas de double nationalité, le défunt peut choisir la loi de l'une ou l'autre de ses nationalités.

Impact fiscal : aucun

La professio juris ne modifie que la loi civile applicable (dévolution, réserve héréditaire, partage). Elle n'a aucun effet sur la fiscalité, qui reste déterminée par les règles de chaque État : lieu de situation des biens, résidence du défunt, résidence de l'héritier, et le cas échéant convention fiscale bilatérale. Choisir la loi française par testament ne fait donc pas basculer l'imposition en France.

La réserve héréditaire face à une loi étrangère

Certaines lois étrangères ignorent la réserve héréditaire et autorisent à déshériter ses enfants. Lorsque la loi applicable au fond de la succession ne prévoit aucune part minimale pour les descendants, le droit français offre un mécanisme de protection.

Depuis la loi du 24 août 2021 (art. 913, alinéa 3 du Code civil), applicable aux successions ouvertes à compter du 1er novembre 2021, un enfant privé de sa réserve par une loi étrangère peut prélever une part compensatoire sur les biens du défunt situés en France.

Deux conditions cumulatives : le défunt ou l'un de ses enfants doit être ressortissant d'un État de l'Union européenne ou y résider habituellement au jour du décès, et la loi étrangère applicable ne doit connaître aucun mécanisme réservataire. Le prélèvement s'exerce sur les seuls biens situés en France : si le défunt n'en possédait aucun, le mécanisme reste sans effet.

La loi civile détermine qui hérite et combien. La loi fiscale détermine combien de droits sont payés et à quel État.

Distinction fondamentale du droit international des successions
Fiscalité et double imposition

Qui paie des droits en France ? (art. 750 ter CGI)

Le droit interne français taxe selon le lieu de situation des biens ET la résidence de l'héritier

SituationBiens taxables en FranceFondement
Défunt ET héritier résidents en FranceTous les biens, en France et à l'étranger (patrimoine mondial)Art. 750 ter I, 1°
Défunt résident en France, héritier non-résidentTous les biens, en France et à l'étrangerArt. 750 ter I, 1°
Défunt non-résident, héritier résident en France depuis 6 des 10 dernières annéesTous les biens, en France et à l'étrangerArt. 750 ter I, 2°
Défunt non-résident, héritier non-résident (ou résident moins de 6 des 10 dernières années)Uniquement les biens situés en FranceArt. 750 ter II

La condition de résidence de l'héritier « 6 des 10 dernières années » a été introduite pour éviter la délocalisation fiscale des héritiers. Un héritier qui quitte la France moins de 4 ans avant le décès reste taxable sur le patrimoine mondial.

Ce tableau n'est que la règle par défaut.Il décrit le droit interne français, qui s'applique sous réserve des conventions fiscales. Or l'administration fiscale le précise sans ambiguïté : ces conventions répartissent le droit d'imposer en fonction de l'État de la résidence fiscale du défunt et du lieu de situation des biens, sans prendre en compte la situation des héritiers ou légataires. Autrement dit, dès qu'une convention successions existe avec l'autre État, le critère « héritier résident 6 des 10 dernières années » de la troisième ligne peut être neutralisé. Vérifier l'existence d'une convention est donc la toute première étape, avant tout calcul.

Les conventions successions en vigueur entre la France et l'étranger

Liste officielle publiée par l'administration fiscale (BOI-ANNX-000306), situation au 30 juin 2024

État ou territoireDate de la conventionPortée
Algérie17 octobre 1999Successions (avec revenus et fortune)
Allemagne12 octobre 2006Successions et donations
Arabie saoudite18 février 1982Successions (avec revenus et fortune)
Autriche26 mars 1993Successions et donations
Bahreïn10 mai 1993Successions (avec revenus et fortune)
Belgique20 janvier 1959Successions et droits d'enregistrement
Bénin27 février 1975Successions et droits d'enregistrement
Burkina Faso11 août 1965Successions et droits d'enregistrement
Cameroun21 octobre 1976Successions et droits d'enregistrement
Canada2 mai 1975Successions et donations
Congo27 novembre 1987Successions et droits d'enregistrement
Côte d'Ivoire6 avril 1966Successions et droits d'enregistrement
Émirats arabes unis19 juillet 1989Successions (avec revenus et fortune)
Espagne8 janvier 1963Successions
États-Unis24 novembre 1978Successions et donations
Finlande25 août 1958Successions
Gabon20 septembre 1995Successions et droits d'enregistrement
Guinée15 février 1999Successions et donations
Italie20 décembre 1990Successions et donations
Koweït7 février 1982Successions (avec revenus et fortune)
Liban24 juillet 1962Successions (avec revenus)
Mali22 septembre 1972Successions et droits d'enregistrement
Maroc29 mai 1970Successions et droits d'enregistrement
Mauritanie15 novembre 1967Successions et droits d'enregistrement
Monaco1er avril 1950Successions
Niger1er juin 1965Successions et droits d'enregistrement
Nouvelle-Calédonie31 mars et 5 mai 1983Successions, donations et droits d'enregistrement
Oman1er juin 1989Successions (avec revenus et fortune)
Portugal3 juin 1994 (accord particulier)Successions et donations
Qatar4 décembre 1990Successions (avec revenus et fortune)
République centrafricaine13 décembre 1969Successions et droits d'enregistrement
Royaume-Uni21 juin 1963Successions
Saint-Pierre-et-Miquelon30 mai 1988Successions, donations et droits d'enregistrement
Sénégal29 mars 1974Successions et droits d'enregistrement
Suède8 juin 1994Successions et donations
Togo24 novembre 1971Successions et droits d'enregistrement
Tunisie28 mai 1973Successions et droits d'enregistrement

Source : liste des conventions fiscales conclues par la France, BOI-ANNX-000306, situation au 30 juin 2024. Ce tableau répond à la question « existe-t-il une convention avec ce pays », et non « quel taux s'applique là-bas » : les barèmes étrangers relèvent du droit de chaque État. Absence de convention (Pays-Bas, Luxembourg, Suisse depuis 2015, et la plupart des pays d'Asie et d'Amérique latine) ne signifie pas double imposition automatique : le crédit d'impôt unilatéral de l'article 784 A du CGI prend alors le relais.

Deux idées reçues à corriger sur ce tableau. La première : la convention franco-belge du 20 janvier 1959 est régulièrement présentée en ligne comme dénoncée. Elle ne l'est pas et figure toujours dans la liste officielle. La confusion vient de la convention franco-suisse de 1953, elle réellement dénoncée. La seconde : on lit souvent qu'il n'existe pas de convention successions avec l'Espagne. C'est inexact, celle du 8 janvier 1963est en vigueur. Ces deux erreurs conduisent à raisonner en droit interne pur sur des dossiers qui relèvent d'une convention, et à provisionner des droits qui ne sont pas dus.

Le cas suisse : la convention de 1953 ne s'applique plus depuis 2015

Par note verbale du 17 juin 2014, la France a dénoncé la convention franco-suisse du 31 décembre 1953 en matière d'impôts sur les successions. Conformément au paragraphe 2 de son article 6, cette convention cesse d'être applicable pour les successions des personnes décédées à partir du 1er janvier 2015. La dénonciation a été publiée par le décret n° 2014-1270 du 30 octobre 2014, paru au Journal officiel n° 0254 du 1er novembre 2014. Conséquence pratique : une succession franco-suisse ouverte aujourd'hui relève du droit interne de chaque État, l'article 750 ter du CGI s'appliquant pleinement côté français, avec pour seul correctif le crédit d'impôt unilatéral de l'article 784 A. La date du décès est ici décisive : une succession ouverte avant le 1er janvier 2015 reste régie par la convention.

Sans convention : le crédit d'impôt unilatéral (art. 784 A CGI)

En l'absence de convention fiscale, la France applique un mécanisme unilatéral pour atténuer la double imposition. L'article 784 A du CGI permet de déduire des droits français l'impôt effectivement payé à l'étranger sur les mêmes biens.

Comment ça fonctionne

  1. L'héritier paie les droits de succession dans le pays étranger, sur les biens qui y sont situés
  2. En France, il déclare l'ensemble des biens, y compris ceux situés à l'étranger si l'article 750 ter l'y oblige
  3. Il déduit des droits français un crédit d'impôt égal au montant des droits acquittés à l'étranger
  4. Ce crédit est plafonné au montant des droits français correspondant aux mêmes biens

Limite : le crédit ne peut pas excéder les droits français. Si l'impôt étranger est supérieur aux droits français sur le même bien, l'excédent est définitivement perdu.

Avec convention : attention à la règle du taux effectif

Lorsqu'une convention s'applique et qu'elle accorde une exonération sur certains biens, le calcul ne se réduit pas toujours à « on retire les biens exonérés et on applique le barème ». Plusieurs conventions prévoient que l'impôt afférent aux seuls éléments imposables en France se calcule en appliquant la règle du taux effectif : le taux moyen d'imposition qui s'appliquerait si l'on tenait compte de l'ensemble des biens imposables selon la législation française. Les biens exonérés sortent de la base, mais continuent de tirer le taux vers le haut. C'est la principale cause d'écart entre l'estimation faite par l'héritier et l'avis de l'administration.

Art. 784 A CGI

Crédit d'impôt unilatéral : les droits acquittés à l'étranger sont imputés sur les droits dus en France, dans la limite de ceux-ci.

Justificatifs nécessaires

L'héritier doit fournir un justificatif de paiement des droits à l'étranger (quittance fiscale, attestation de l'administration étrangère) pour bénéficier du crédit.

Barème des droits de succession

Les taux français auxquels le crédit s'impute

Quels biens sont considérés comme « situés en France » ?

Type de bienSitué en France si...
ImmobilierLe bien est physiquement en France (résidence, terrain, local commercial)
Parts de SCI détenant un immeuble françaisL'immeuble est en France (transparence fiscale de la SCI pour les non-résidents)
Comptes bancairesTenus par un établissement situé en France
Valeurs mobilières (actions, obligations)Émises par une société dont le siège est en France
Assurance-vieContrat souscrit auprès d'un assureur établi en France (régime spécifique art. 990 I et 757 B CGI)
Meubles corporelsPhysiquement présents en France (mobilier, véhicules, oeuvres d'art)

L'assurance-vie bénéficie d'un traitement spécifique : elle est « hors succession » en droit civil mais soumise à une fiscalité propre (art. 990 I CGI pour les primes versées avant 70 ans, art. 757 B pour celles versées après).

Où déclarer et payer

Un service dédié, une adresse unique

La déclaration de succession d'une personne domiciliée hors de France ne se dépose pas au service des impôts de votre domicile, ni à celui du lieu des biens. Elle part à un service national unique, et elle doit être accompagnée du paiement des droits : une déclaration envoyée seule est incomplète.

Déposer et payer : le mode d'emploi

Succession d'une personne domiciliée hors de France

PointCe qu'il faut retenir
Service compétentRecette des Non-Résidents
10 rue du Centre, TSA 50014
93465 Noisy-le-Grand Cedex
[email protected]
Délai de dépôt6 mois si le décès a eu lieu en France, 12 mois s'il est survenu à l'étranger
FormulaireLe 2705-SD et ses annexes, identiques à une succession française. Voir la déclaration de succession
Calcul des droitsAbattements et réductions identiques à ceux des résidents. Voir les abattements applicables
PaiementEspèces jusqu'à 300 €, chèque en dessous de 1 000 € (chèque de banque au-delà), carte bancaire, virement
RetardIntérêts de retard de 0,20 % par mois. Voir les pénalités de déclaration tardive

Source : impots.gouv.fr, rubrique international particuliers, page mise à jour le 24 octobre 2025. Le paiement fractionné est possible sur un an après l'expiration du délai légal, porté à trois ans lorsque la succession comporte au moins 50 % d'actifs non liquides (immeubles, objets d'art, valeurs mobilières non cotées), moyennant intérêts. Le paiement différé existe notamment lorsque la transmission porte sur la nue-propriété en présence d'un conjoint survivant.

Les démarches

Le certificat successoral européen (CSE)

Créé par le règlement 650/2012 (art. 62 à 73), le certificat successoral européen prouve la qualité d'héritier, de légataire ou d'exécuteur testamentaire dans tous les États membres appliquant le règlement. Il évite de refaire des démarches de reconnaissance pays par pays.

En France, il est délivré par le notaire chargé de la succession. Il permet de débloquer un compte bancaire, de faire inscrire un bien immobilier au nom de l'héritier ou de justifier ses droits auprès d'une administration étrangère, sans traduction ni procédure locale supplémentaire.

Sa validité est en principe de six mois, renouvelable. Il est reconnu dans les 25 États membres liés par le règlement, tous sauf le Danemark et l'Irlande.

À distinguer de l'acte de notoriété

L'acte de notoriété français établit la dévolution selon le droit français. Le certificat successoral européen a une portée transfrontalière : il fait foi dans les autres États membres. Les deux peuvent coexister dans une même succession, et il est fréquent qu'un notaire établisse les deux.

Le déroulé d'une succession internationale

1

Déterminer la loi civile applicable

Identifier la dernière résidence habituelle du défunt. Vérifier s'il avait exercé une professio juris par testament. Un notaire français peut régler la succession même si le droit étranger s'applique au fond.

2

Inventorier les biens pays par pays

Chaque État taxe en principe les biens situés sur son territoire selon ses propres règles. Comptes bancaires, contrats d'assurance-vie et parts de sociétés doivent être recensés avec leur pays de rattachement, car c'est ce rattachement qui déclenche l'imposition.

3

Vérifier l'existence d'une convention AVANT de calculer

C'est l'étape la plus souvent inversée. Une convention prime sur l'article 750 ter et répartit le droit d'imposer selon la résidence du défunt et le lieu des biens, sans considération de la résidence des héritiers. Le tableau ci-dessus donne les 37 États et territoires concernés.

4

Déclarer, payer, puis imputer

Déclaration à la Recette des Non-Résidents dans les 6 ou 12 mois selon le lieu du décès, accompagnée du paiement. Le crédit d'impôt, conventionnel ou unilatéral (art. 784 A), s'impute ensuite sur justificatif de l'impôt réellement acquitté à l'étranger.

Estimez les droits sur la part française

Patrimoine situé en France, nombre d'héritiers, liens de parenté. Le simulateur applique le barème français en vigueur et ses abattements. Gratuit, sans inscription.

Aller plus loin

Les pays qui n'appliquent pas le règlement européen 650/2012

Danemark, Irlande, Royaume-Uni et tous les États hors Union européenne

Au sein de l'Union européenne, deux États n'appliquent pas le règlement : le Danemark et l'Irlande, qui ont exercé un opt-out. Le Royaume-Unine l'a jamais adopté et a depuis quitté l'Union. Le règlement s'applique donc dans 25 des 27 États membres.

Pour ces pays, ainsi que pour tous les pays hors Union européenne, les règles de conflit de lois sont déterminées par le droit international privé de chaque État. Le principe de la lex rei sitae(loi de situation du bien) est souvent retenu pour les immeubles, tandis que la loi du domicile ou de la nationalité s'applique aux meubles. Conséquence fréquente : une même succession peut être scindée, le droit anglais régissant les meubles et le droit français l'immeuble situé en France.

Un Britannique propriétaire d'un bien en France voit ainsi ce bien soumis au droit français pour la dévolution, et aux droits de succession français pour la fiscalité. La convention franco-britannique du 21 juin 1963 reste applicable en matière de successions malgré le Brexit : elle est bilatérale et indépendante du droit de l'Union.

Les États-Unisappliquent un système dual : chaque État fédéré a ses propres règles successorales (probate law). La convention franco-américaine du 24 novembre 1978, modifiée par l'avenant du 8 décembre 2004, régit la fiscalité des successions et des donations, mais la dévolution suit le droit de l'État de situation ou de domicile.

Anticiper de son vivant : ce qui se prépare et ce qui ne se rattrape pas

Testament international, choix de loi, recensement des avoirs

Trois décisions se prennent du vivant et ne se rattrapent pas après le décès. La première est le choix de loi: la professio juris de l'article 22 du règlement 650/2012 suppose un testament, et sa portée est purement civile. Si vous résidez hors de l'Union européenne ou dans un État non lié par le règlement, la forme du testament international (convention de Washington du 26 octobre 1973) offre une reconnaissance plus large qu'un olographe rédigé selon un seul droit national.

La deuxième est le recensement des avoirs. Une succession internationale se bloque presque toujours sur le même point : personne ne sait quels comptes, contrats et biens existent dans quel pays. Un inventaire tenu à jour, avec les coordonnées des établissements, épargne des mois de recherche aux héritiers.

La troisième est la vérification conventionnelle. Savoir, avant de structurer quoi que ce soit, si une convention successions lie la France à l'État concerné change entièrement le raisonnement : avec convention, le droit d'imposer se répartit selon la résidence du défunt et le lieu des biens ; sans convention, l'article 750 ter s'applique dans toute sa rigueur et le seul amortisseur est le crédit d'impôt de l'article 784 A.

Le rôle du notaire dans une succession internationale

Quand un décès survient avec un élément d'extranéité (résidence à l'étranger, biens hors de France, héritiers non-résidents), le notairereste l'interlocuteur central du règlement. Il établit l'acte de notoriété, identifie les héritiers, détermine la loi applicable et coordonne les démarches avec les autorités des pays concernés.

Un notaire français peut régler la succession même si le droit étranger s'applique au fond. Il délivre le certificat successoral européen et rédige la déclaration de succession à déposer pour les biens taxables en France.

Trouver un notaire pour le règlement

Le règlement d'une succession relève de l'office notarial, dont les émoluments sont tarifés par décret. Vous pouvez identifier un notaire, y compris spécialisé en droit international privé, via l'annuaire officiel du notariat : notaires.fr. Pour anticiper une transmission de son vivant (choix de loi, structuration patrimoniale), un conseiller en gestion de patrimoine partenaire peut compléter cette démarche.

Questions fréquentes sur la succession internationale

Besoin d'une estimation des droits français ?

Le simulateur applique le barème français avec les abattements par lien de parenté, identiques pour les résidents et les non-résidents. Pour la part étrangère, consultez un notaire spécialisé en droit international privé.

Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis du professionnel adapté à votre situation : un notaire pour les actes (donation, testament, règlement de succession), un conseiller en gestion de patrimoine pour une stratégie d'anticipation, un avocat fiscaliste en cas de contentieux. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.