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Legare

Accepter ou refuser une succession : quelle option choisir ?

Renoncer ne coûte rien : un formulaire de deux pages, trois pièces justificatives, zéro euro de greffe. Accepter à concurrence de l'actif net protège vos biens personnels mais impose 16 € de publication au BODACC, une annonce légale et un inventaire. Accepter purement et simplement est gratuit, immédiat et irréversible.

Les trois options

Ne touchez à rien avant d'avoir choisi votre option

Certains actes vous engagent automatiquement comme acceptant pur et simple, même sans signature : vendre un bien du défunt, disposer de ses biens comme propriétaire. En revanche, les actes conservatoires et d'administration provisoire ne valent pas acceptation (art. 784 du Code civil) : payer l'assurance de la maison ou encaisser les loyers en font partie, la fiche service-public.gouv.fr F1199 les cite nommément. Si un acte urgent s'impose (vendre un bien périssable, régler une charge pressante), vous pouvez demander une autorisation au juge sans que cela vaille acceptation. Ne rien faire vous engage aussi : après une sommation de prendre parti, votre silence pendant 2 mois vaut acceptation pure et simple, dettes comprises (art. 771 et 772 du Code civil). Sans sommation, vous gardez 10 ans pour choisir ; passé ce délai, vous êtes au contraire réputé renonçant (art. 780 du Code civil).

Les 3 options en un coup d'œil

Comparez avant de décider

Acceptation pureActif net (protection)Renonciation
Vous payez les dettesOui, sans plafond, sur vos biens propresOui, plafonné à l'actif reçuNon
Biens personnels protégésNonOuiSans objet
FormulaireAucun (ou acte notarié)Cerfa 15455*03Cerfa 15828*05
FormalitésAucuneDéclaration + BODACC + annonce légale + inventaireDéclaration + 3 pièces
Coût direct0 €16 € de BODACC + annonce légale + inventaire0 €
RéversibilitéIrréversibleConvertible en acceptation pure**Révocable sous conditions*
Recommandé si…Situation financière claireDoute sur les dettesDettes > actif

* La révocation de renonciation n'est possible que si aucun héritier ni l'État n'a accepté entre-temps, et dans le délai de 10 ans depuis l'ouverture de la succession. En cas de révocation, seule l'acceptation pure et simple reste ouverte : l'actif net est exclu. ** L'héritier qui a accepté à concurrence de l'actif net peut convertir son option en acceptation pure et simple s'il constate que la succession est excédentaire, mais il ne peut plus renoncer. Frais funéraires (art. 806 du Code civil) : si le défunt est votre ascendant ou descendant, vous devez y participer à proportion de vos moyens, même en cas de renonciation. Le compte du défunt est bloqué, mais les sommes avancées vous sont remboursables dans la limite de 5 965 €. Cette obligation ne vise pas les collatéraux.

Vos délais pour décider

Personne ne peut vous forcer à choisir pendant les 4 premiers mois. Passé ce délai, un créancier, un cohéritier, un héritier de rang subséquent ou l'État peut vous sommer d'opter par acte extrajudiciaire.

4 mois

Délai de réflexion protégé

2 mois

Pour répondre à une sommation d'opter

10 ans

Délai maximum pour opter

0 €

Coût de la renonciation au greffe

Le dossier à constituer

Quel formulaire pour quelle situation

Il n'existe pas un formulaire de renonciation mais quatre, selon la personne au nom de laquelle la renonciation est faite. Se tromper de Cerfa fait revenir le dossier, et le temps perdu compte quand une sommation d'opter court déjà.

Le formulaire selon la personne qui renonce

Tous téléchargeables gratuitement sur service-public.gouv.fr

SituationFormulaireAutorisation préalable du juge
Héritier majeur, pour lui-mêmeCerfa 15828*05 (notice 52224#07)Non
Au nom d'un enfant mineurCerfa 15832*05 (notice 52228)Oui, requête Cerfa 15811*03 au juge des tutelles
Au nom d'un majeur sous habilitation familialeCerfa 15829*04Oui, juge des tutelles
Acceptation à concurrence de l'actif netCerfa 15455*03 (notice 52035#05)Non, même pour un mineur ou un majeur protégé

Renoncer au nom d'un mineur ou d'un majeur protégé suppose l'accord préalable du juge des tutelles ou du conseil de famille. Accepter à concurrence de l'actif net pour ces mêmes personnes n'exige aucune autorisation : la déclaration se dépose directement au greffe. La logique est simple, l'actif net ne peut pas appauvrir la personne protégée, la renonciation si.

Le texte de référence.Le formulaire de renonciation est pris en application des articles 724-1, 768 et suivants et 804 du Code civil et de l'article 1339 du Code de procédure civile. La déclaration d'acceptation à concurrence de l'actif net relève des articles 507-1, 768 et suivants et 787 et suivants du Code civil et de l'article 1334 du Code de procédure civile. Ces références figurent en en-tête de chaque Cerfa, ce qui permet de vérifier d'un coup d'œil que le formulaire téléchargé est bien le bon.

Les trois pièces à joindre, et rien d'autre

La notice officielle 52224#07 fixe une liste fermée. Beaucoup d'héritiers constituent un dossier bien plus lourd que nécessaire, puis renoncent à l'envoyer parce qu'il leur manque un document qui n'était pas demandé.

  • La copie intégrale de l'acte de décès du défunt
  • La copie intégrale de votre acte de naissance, datant de moins de 3 mois
  • La copie recto-verso de votre justificatif d'identité en cours de validité

Ni acte de notoriété, ni livret de famille, ni justificatif de domicile, ni inventaire des biens. Le formulaire lui-même demande votre profession, votre lien de parenté avec le défunt, ainsi que les date et lieu de naissance du défunt et son dernier domicile : ces informations servent à écarter les risques d'homonymie, et la notice recommande de les recopier depuis un acte d'état civil du défunt plutôt que de mémoire.

La déclaration part par lettre simple ou se dépose au guichet. Le recommandé n'est pas exigé.

Deux cases, deux portées différentes. Le Cerfa 15828*05 propose un choix que presque aucun contenu en ligne ne signale : renoncer en qualité d'héritier légal à toute la succession, ou renoncer en qualité d'héritier testamentaireà un ou plusieurs legs précisément désignés. L'option successorale est indivisible, on ne peut pas prendre l'actif et laisser le passif. Mais si vous êtes à la fois héritier légal et légataire de la même succession, vous disposez de deux droits d'option distincts: vous pouvez refuser le legs et conserver la part que la loi vous attribue, ou l'inverse.

Procédure de renonciation, étape par étape

Gratuite au greffe, quatre étapes, aucun intermédiaire obligatoire

1

Télécharger le Cerfa 15828*05 et sa notice 52224#07

Deux pages à remplir, trois pages de notice. Sur service-public.gouv.fr, fiche R2849. Le formulaire se termine par une attestation sur l'honneur à dater et signer : une déclaration non signée est rejetée.

2

Réunir les trois pièces justificatives

Acte de décès en copie intégrale, votre acte de naissance en copie intégrale de moins de 3 mois, copie recto-verso de votre pièce d'identité. L'acte de naissance se commande gratuitement en ligne auprès de la mairie de naissance.

3

Identifier le bon tribunal judiciaire

Celui du dernier domicile du défunt, pas du vôtre. Exemple donné par la notice : vous habitez Paris, le défunt résidait à Évian, la déclaration part au tribunal judiciaire de Thonon-les-Bains. L'annuaire de justice.fr donne le tribunal compétent par commune ou code postal.

4

Envoyer, puis conserver le récépissé

Par lettre simple ou dépôt au greffe, gratuitement. Le greffe vous adresse ensuite un récépissé par lettre simple, sans délai fixé par les textes. Ce document prouve votre renonciation aux créanciers du défunt : gardez-le. Le dépôt devant notaire est possible depuis novembre 2017, aux honoraires du notaire.

Sous sommation, la date qui compte est celle de la réception au greffe

Si un créancier ou un cohéritier vous a sommé d'opter, vous avez 2 mois. Le point de comparaison n'est ni la date d'enregistrement par le greffe, ni la date du récépissé, qui arrivent souvent plusieurs semaines plus tard : c'est la date à laquelle votre déclaration est parvenue au greffe. La notice n'exige que la lettre simple, mais dans cette situation précise un envoi en recommandé avec avis de réception vous procure la preuve de cette date pour un coût de quelques euros. C'est la seule circonstance où le recommandé se justifie.
L'acceptation pure et simple

Exemple concret : pourquoi ce choix est crucial

La maison de votre père vaut 200 000 €. Vous êtes enfant unique, vous acceptez l'héritage. Quelques mois plus tard, vous découvrez 250 000 € de dettes (crédit, cautions, dettes fiscales).

Résultat : vous devez payer 50 000 € sur votre propre patrimoine. Vos comptes personnels, votre épargne, voire votre propre maison peuvent être saisis.

C'est la règle de l'acceptation pure et simple : l'héritier répond indéfiniment des dettes de la succession, sur son propre patrimoine, au-delà de l'actif reçu (responsabilité dite « ultra vires successionis », art. 785 du Code civil).

Une précision qui change le calcul. Cette responsabilité est illimitée en montant, mais elle reste proportionnelle à votre part. Si vous héritez du quart de la succession, vous répondez du quart des dettes. Reprenez l'exemple avec quatre enfants au lieu d'un : chacun reçoit 50 000 € d'actif et doit 62 500 € de dettes, soit 12 500 € pris sur son patrimoine personnel. Le risque ne disparaît pas, il se divise.

Si vous aviez choisi l'acceptation à concurrence de l'actif net (protection maximale), votre patrimoine personnel serait intouchable.

L'acceptation pure et simple est définitive, mais elle n'est pas absolument sans recours.Le filet de sécurité : 5 mois pour saisir le juge. Si, après avoir accepté purement et simplement, vous découvrez une dette que vous aviez des motifs légitimes d'ignorer et dont le paiement risque de porter gravement atteinte à votre patrimoine, vous pouvez demander au tribunal judiciaire d'en être déchargé, totalement ou partiellement (art. 786 du Code civil). Les deux conditions sont cumulatives, et le délai est de 5 mois à compter du jour où vous avez eu connaissance de la dette, pas du décès. Ce délai est court : la date à laquelle vous prenez connaissance de la dette mérite d'être documentée (courrier du créancier, mise en demeure, relevé).

L'actif net

L'acceptation à concurrence de l'actif net : la protection maximale

Anciennement « sous bénéfice d'inventaire », cette option vous permet d'hériter tout en protégeant vos biens personnels. Vous ne paierez jamais plus que ce que vous avez reçu (art. 787 à 803 du Code civil).

  • Vous acceptez l'héritage
  • Vous payez les dettes uniquement dans la limite de l'actif reçu
  • Vos comptes personnels, votre maison, votre épargne sont intouchables
  • Il n'y a aucune confusion entre votre patrimoine et celui du défunt

Recommandée si le défunt était entrepreneur, avait donné des cautions, ou si vous ignorez l'étendue exacte des dettes.

Deux points que la comparaison brute des trois options laisse de côté. D'abord, la déclaration comporte élection d'un domicile unique situé en France : celui de l'un des acceptants ou celui de la personne chargée du règlement. C'est à cette adresse que les créanciers viendront notifier leurs créances. Ensuite, si plusieurs héritiers optent différemment, l'acceptation à concurrence de l'actif net s'impose à tous jusqu'au jour du partage : un cohéritier acceptant purement et simplement ne peut pas court-circuiter la procédure protectrice.

Délai critique : l'inventaire doit être déposé dans les 2 mois suivant la déclaration

Ne confondez pas ce délai avec celui de la sommation : les 2 mois pour répondre à une sommation d'opter (avant de choisir) sont distincts des 2 mois pour déposer l'inventaire (après avoir déclaré l'acceptation à concurrence de l'actif net). Si l'inventaire n'est pas déposé au greffe dans ce délai, sauf prorogation accordée par le juge, vous perdez toute protection et devenez acceptant pur et simple. La notice officielle 52035#05 donne un repère utile : comme vous disposez de 4 mois avant d'être contraint de vous prononcer, vous avez en pratique 6 mois au total pour faire établir l'inventaire, à condition de ne pas déclarer trop tôt. Autre piège : vendre des biens sans le déclarer, ou produire un inventaire volontairement incomplet, entraîne la même déchéance (art. 800 du Code civil).

Ce que coûte réellement l'acceptation à concurrence de l'actif net

Le dépôt de la déclaration est gratuit, les formalités de publicité ne le sont pas

PosteMontantQui l'avance, qui le supporte
Dépôt de la déclaration au greffe0 €Aucun frais de greffe
Publication au BODACC16 €Vous en faites l'avance, la succession le supporte
Annonce dans un support d'annonces légalesAu caractère, de 0,185 € à 0,239 € HT selon le départementVous en faites l'avance, la succession le supporte
Inventaire par notaire ou commissaire de justiceSur devis, selon la consistance du patrimoineÀ la charge de la succession
Publication de l'inventaire au BODACCFrais de publicitéVous en faites l'avance, la succession le supporte

Tarifs des annonces judiciaires et légales applicables au 1er janvier 2026 (arrêté du 19 novembre 2025). Aucun forfait n'est prévu pour une annonce de succession : elle est facturée au caractère, espaces compris. Le tarif est de 0,189 € HT le caractère dans la majorité des départements, 0,239 € HT à Paris et dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, 0,185 € HT aux Antilles et en Guyane. Pour une annonce de 600 caractères, comptez donc de l'ordre de 113 € à 143 € HT selon le lieu. Un point d'attention de la notice 52035#05 : si vous déclarez conserver un bien de la succession, les frais de publicité de cette déclaration restent à VOTRE charge et non à celle de la succession.

Procédure de l'acceptation à concurrence de l'actif net

Plus lourde que la renonciation, mais c'est le prix de la protection

1

Déclaration au greffe ou devant notaire

Cerfa 15455*03, ou papier libre. Déposée au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt, ou devant notaire qui la transmet ensuite au greffe pour enregistrement. La déclaration comporte élection d'un domicile unique en France. Le greffe vous remet un récépissé.

2

Double publicité : BODACC puis annonce légale

Le greffe assure la publication au BODACC, dont vous avancez les 16 €. Vous devez ensuite faire paraître un avis dans un support d'annonces légales habilité du département du tribunal. Comptez 15 jours : la notice officielle du formulaire fixe ce délai à quinze jours à compter du dépôt au greffe, quand la fiche service-public.gouv.fr évoque un mois. Retenir le délai le plus court met à l'abri des deux lectures.

3

Inventaire déposé dans les 2 mois suivant la déclaration

Établi par un notaire, un commissaire de justice ou un commissaire-priseur judiciaire. Estimation article par article de l'actif et du passif. Il est déposé au greffe puis publié lui aussi au BODACC. Un délai supplémentaire peut être accordé par le juge sur demande.

4

Délai des créanciers : 15 mois, puis compte définitif

À compter de la publicité de la déclaration, les créanciers ont 15 mois pour notifier leurs créances au domicile élu. Passé ce délai, les créances non déclarées sont éteintes (art. 792 du Code civil). Dans ce même délai, vous décidez de conserver ou de vendre les biens. À l'issue des 15 mois, vous déposez au greffe le compte définitif de votre administration, qui fait lui aussi l'objet d'une publicité.

La renonciation

La renonciation : refuser complètement l'héritage

Vous refusez l'héritage dans sa totalité. Juridiquement, vous êtes réputé n'avoir jamais été héritier (art. 805 du Code civil).

  • Vous ne recevez aucun bien et ne payez aucune dette
  • Vous ne payez aucun droit de succession
  • Exception : si le défunt est votre ascendant ou descendant, vous devez participer aux frais funéraires à proportion de vos moyens (art. 806 du Code civil). Le compte du défunt est bloqué, mais les sommes que vous avez avancées vous sont remboursables dans la limite de 5 965 €. Cette obligation ne vise pas les collatéraux
  • Votre part revient à vos enfants par représentation, qui exercent à leur tour leur propre option

Choisissez la renonciation si les dettes dépassent clairement l'actif, si vous souhaitez transmettre directement à vos enfants, ou si vous êtes en difficulté financière.

Un réflexe utile face aux créanciers. Si un créancier du défunt vous relance après votre renonciation, adressez-lui simplement une copie de votre récépissé : la renonciation lui est opposable et il doit en tenir compte. Vous pouvez aussi l'inviter à demander la désignation du Domaine pour régler la succession.

Une donation reçue du défunt ne se perd pas en renonçant, sauf clause contraire.Lisez la clause de rapport avant de renoncer.Le renonçant conserve en principe les donations qu'il a reçues, dans la limite de la quotité disponible. Mais le donateur a pu expressément prévoirque la donation serait rapportée même en cas de renonciation. Dans ce cas, si la valeur rapportée dépasse les droits que vous auriez eus au partage, vous devez indemniser les autres héritiers : renoncer ne vous met alors pas à l'abri d'un versement. Cette clause figure dans l'acte de donation, à vérifier avant de déposer le Cerfa.

La renonciation n'efface pas tous les droits que vous teniez par ailleurs.Assurance-vie : un capital préservé même en cas de renonciation. Si vous êtes bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie, vous conservez le capital même en renonçant à la succession. L'assurance-vie est hors succession(art. L132-12 du Code des assurances) : elle ne fait pas partie de l'actif successoral et n'est donc pas touchée par votre option. Voir la transmission de l'assurance-vie.

Ce que coûte un refus. La renonciation est gratuite au greffe du tribunal judiciaire: 0 € pour déposer le formulaire, aucun droit d'enregistrement, aucun timbre. Le seul coût possible vient du choix de passer par un notaireplutôt que par le greffe : ses honoraires sont alors libres et le service peut vous être facturé. Le greffe reste l'option gratuite dans tous les cas, et la loi n'impose ni notaire ni avocat pour renoncer.

Attention toutefois : une renonciation faite en fraude des droits de vos propres créanciers peut leur être déclarée inopposable. Vos créanciers personnels peuvent être autorisés en justice à accepter la succession à votre place, à votre concurrence, par le jeu de l'action oblique successorale prévue par l'article 779 du Code civil. La renonciation reste donc un acte sincère, pas un moyen d'échapper à ses propres dettes.

4 mois de réflexion, 10 ans pour choisir. Passé le délai, l'inaction vous engage comme acceptant pur et simple.

Quelle option choisir selon votre situation

Acceptation pure et simple, si la situation est claire

Vous connaissez bien les finances du défunt, l'actif dépasse largement les dettes, aucun créancier inconnu n'est plausible. C'est le cas le plus fréquent d'une succession familiale ordinaire. Aucune formalité, aucun coût.

Acceptation à concurrence de l'actif net, en cas de doute

Le défunt était entrepreneur, artisan ou en profession libérale. Il avait signé des cautions. Vous ignorez l'étendue de ses dettes fiscales ou bancaires. Des créanciers inconnus peuvent se manifester. La procédure est lourde et coûte quelques centaines d'euros, mais elle met vos biens propres hors d'atteinte de manière définitive.

Renonciation, quand l'héritage est un fardeau

Les dettes dépassent clairement la valeur des biens, vous êtes vous-même en difficulté financière, ou vous souhaitez que vos enfants héritent directement à votre place. La démarche est gratuite et tient en un formulaire de deux pages.

Le vrai départage

La question n'est pas « la succession est-elle bénéficiaire ? » mais « en suis-je certain ? ». Face à une incertitude sur le passif, l'actif net est la seule option qui ne se paie pas d'un risque illimité. C'est précisément à quoi sert son coût.

Vérifiez les dettes avant de trancher

Demandez au notaire d'interroger le fichier FICOBA (existence des comptes bancaires, pas les soldes) et le FICP (incidents de paiement), puis chaque banque identifiée pour les soldes réels. Consultez aussi le fichier de la publicité foncière pour les hypothèques.

5 mois

pour demander au juge d'être déchargé d'une dette découverte après une acceptation pure et simple

Ordre des héritiers

Qui hérite à votre place si vous renoncez

La succession est-elle bénéficiaire ou déficitaire ?

Avant de choisir votre option, évaluez le solde réel : valeur des biens moins total des dettes. Résultat immédiat, gratuit, sans inscription.

Aller plus loin

Jusqu'où descend la renonciation dans la famille ?

Représentation, accroissement, ordres successifs et enchaînement des délais

La renonciation ne fait pas disparaître la part : elle la déplace. L'ordre est strict. Elle revient d'abord à vos descendants par représentation (art. 751 à 755 du Code civil) : enfants, puis petits-enfants. À défaut de descendant, elle accroît la part de vos cohéritiers de même rang. Si personne ne subsiste à ce rang, elle passe à l'ordre d'héritiers suivant.

Chaque personne ainsi appelée dispose de son propre droit d'option et de ses propres délais, qui courent à compter du moment où elle est appelée. Une succession déficitaire peut donc se propager de branche en branche pendant des mois, chaque héritier successif devant à son tour renoncer. C'est la raison pour laquelle il est utile, dans une famille où le passif est manifeste, de prévenir les parents concernés plutôt que de les laisser découvrir une sommation d'opter par courrier d'un commissaire de justice.

Autre cas peu documenté : si vous décédez avant d'avoir exercé l'option, ce sont vos propres héritiers qui l'exercent, séparément, chacun pour sa part. Le délai de 4 mois recommence alors à courir pour eux à compter de l'ouverture de votre succession.

Renoncer hors délai : que se passe-t-il après 10 ans ?

Le silence prolongé vaut renonciation, avec une exception importante

Beaucoup d'héritiers découvrent une succession ancienne et craignent d'être « coincés » par le temps. Le mécanisme est l'inverse de leur intuition. Si personne ne vous a sommé d'opter, vous disposez de 10 ans à compter de l'ouverture de la succession. Au-delà, vous êtes réputé renonçant, donc protégé des dettes, et non acceptant.

La prescription joue en sens contraire seulement après une sommation d'opter: là, le silence de 2 mois vaut acceptation pure et simple. La différence entre les deux situations tient donc entièrement à l'existence, ou non, d'un acte extrajudiciaire délivré par un commissaire de justice.

Enfin, le délai de 10 ans lui-même n'est pas opposable dans certains cas, notamment si vous établissez que vous n'aviez pas eu connaissance de l'ouverture de la succession. Un héritier éloigné, informé tardivement par un généalogiste successoral, n'est pas privé de son droit d'option par l'écoulement du temps.

Revenir sur son choix : ce qui est réversible et ce qui ne l'est pas

Trois options, trois régimes de rétractation différents

Acceptation pure et simple : définitivement irréversible. Vous ne pouvez plus ni renoncer, ni basculer vers l'actif net. Seule reste la demande de décharge d'une dette ignorée, dans les 5 mois de sa découverte.

Acceptation à concurrence de l'actif net : vous ne pouvez plus renoncer, mais vous pouvez convertirvotre option en acceptation pure et simple si l'inventaire révèle que la succession est excédentaire. Le mouvement ne va que dans ce sens.

Renonciation :révocable, à deux conditions cumulatives. Aucun autre héritier ni l'État ne doit avoir accepté la succession entre-temps, et vous devez agir dans les 10 anssuivant l'ouverture. Mais attention à la contrepartie : en révoquant, vous ne pouvez accepter que purement et simplement. L'option de l'actif net vous est fermée. Revenir sur une renonciation, c'est donc renoncer à toute protection.

Si tous les héritiers renoncent : la succession vacante

Le Domaine devient curateur, l'État n'hérite pas immédiatement

Lorsque tous les héritiers renoncent, la succession est déclarée vacante. Contrairement à une idée répandue, l'État ne devient pas propriétaire du jour au lendemain : le service du Domaine est désigné curateur et lui seul peut alors gérer les biens et les dettes du défunt (art. 809 à 810-12 du Code civil).

La désignation n'est pas automatique : elle doit être demandée au tribunal judiciaire du domicile du défuntpar un notaire, le ministère public, une personne qui assure la gestion du patrimoine du défunt, ou un créancier lorsque la succession est déficitaire. C'est souvent le créancier lui-même qui prend l'initiative.

Le Domaine dresse d'abord l'inventaire des biens pour estimer le montant de la succession, puis les vend pour régler les dépenses et les dettes. L'actif éventuellement restant à l'issue de cette curatelle revient à l'État. Pour les héritiers qui ont renoncé, la conséquence pratique est simple : il n'y a rien à gérer, rien à financer, et le récépissé de renonciation suffit à écarter toute relance.

Les erreurs qui coûtent cher

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Accepter sans vérifier les dettes

Consultez FICOBA (existence des comptes), FICP (incidents de paiement) et la publicité foncière via le notaire en charge de la succession avant de décider.

Laisser passer une sommation d'opter

Sans réponse à une sommation, vous êtes automatiquement acceptant pur et simple après 2 mois. Le silence hors sommation, lui, vaut renonciation au bout de 10 ans.

Oublier l'inventaire de l'actif net

L'inventaire doit être déposé au greffe dans les 2 mois suivant la déclaration. Sinon, vous perdez la protection et devenez acceptant pur et simple.

Questions fréquentes sur le choix successoral

Anticipez avant de choisir

L'acceptation pure et simple est irréversible. Vérifiez le solde actif contre passif avant de signer quoi que ce soit.

Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis du professionnel adapté à votre situation : un notaire pour les actes (donation, testament, règlement de succession), un conseiller en gestion de patrimoine pour une stratégie d'anticipation, un avocat fiscaliste en cas de contentieux. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.