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Représentation Successorale : Hériter à la Place d'un Parent | Succession

Définition

La représentation est un mécanisme juridique qui permet aux descendants d'un héritier prédécédé ou renonçant de venir à la succession en prenant sa place et son rang (article 751 du Code civil). Les représentants se partagent la part qu'aurait reçue le représenté. Ce mécanisme joue de plein droit et s'applique à l'infini dans la ligne directe descendante.
Mis à jour le 19 février 2026 - 6 min de lecture

Principe de la représentation

L'article 751 du Code civil définit la représentation comme une fiction juridique dont l'effet est de faire entrer les représentants dans les droits du représenté. Concrètement, les enfants d'un héritier absent de la succession prennent sa place et reçoivent la part qui lui aurait été dévolue.

La représentation poursuit un objectif d'équité entre les souches familiales : sans elle, le décès prématuré d'un enfant priverait toute sa descendance de droits dans la succession de ses parents.

Conditions d'application

La représentation ne joue que dans des cas limités :

Causes d'ouverture

  • Prédécès : l'héritier est décédé avant le défunt (cas le plus fréquent)
  • Renonciation : l'héritier a renoncé à la succession (depuis la loi du 23 juin 2006)
  • Indignité : l'héritier a été déclaré indigne de succéder

Lignes admises

La représentation ne joue pas dans toutes les lignes :

  • Ligne directe descendante : oui, à l'infini. Un petit-enfant représente son parent, un arrière-petit-enfant représente son grand-parent
  • Ligne collatérale : oui, mais limitée aux descendants de frères et soeurs (neveux, petits-neveux)
  • Ligne directe ascendante : non, la représentation ne joue jamais au profit des ascendants

Exemples concrets

Cas classique : petits-enfants représentant un enfant prédécédé

Marie décède en laissant deux enfants : Pierre (vivant) et Sophie (prédécédée). Sophie avait deux enfants, Lucas et Emma.

  • Sans représentation : seul Pierre hériterait (100 %)
  • Avec représentation : Pierre reçoit 1/2, Lucas et Emma se partagent la part de Sophie (1/4 chacun)

Lucas et Emma héritent au même rang que leur oncle Pierre, comme si leur mère Sophie était vivante.

Cas de la renonciation

Jean décède en laissant trois enfants : A, B et C. L'enfant A renonce à la succession (par exemple, pour des raisons de solidarité familiale). A a un fils, Thomas.

  • Depuis 2007 : Thomas représente son parent A et reçoit 1/3 de la succession
  • B et C reçoivent chacun 1/3

Avant la loi de 2006, la renonciation ne permettait pas la représentation. Les parts de A auraient été redistribuées entre B et C (1/2 chacun), et Thomas n'aurait rien reçu.

Représentation et fiscalité

La représentation a des conséquences fiscales importantes :

  • Chaque représentant bénéficie de l'abattement correspondant au degré de parenté du représenté, pas au sien. Un petit-enfant venant par représentation de son parent prédécédé bénéficie de l'abattement parent-enfant de 100 000 EUR (et non de l'abattement petit-enfant de 31 865 EUR)
  • Le barème applicable est celui de la ligne directe (5 % à 45 %), pas celui des successions entre grands-parents et petits-enfants (identique en l'occurrence)

Cet avantage fiscal est considérable : sans représentation, des petits-enfants héritant directement de leur grand-parent ne bénéficieraient que d'un abattement de 31 865 EUR chacun.

Représentation et partage par souche

Lorsque la représentation joue, le partage se fait par souche (et non par tête) :

  • Chaque souche (branche familiale) reçoit une part égale
  • À l'intérieur de chaque souche, les représentants se partagent la part à égalité

Si un défunt laisse trois enfants, dont l'un est prédécédé et avait lui-même cinq enfants : la succession est divisée en trois parts égales (par souche). Les cinq petits-enfants se partagent 1/3 de la succession (soit 1/15 chacun), tandis que les deux enfants vivants reçoivent chacun 1/3.

Limites de la représentation

  • La représentation ne joue pas en faveur des ascendants (parents, grands-parents)
  • Elle ne joue pas entre cousins (au-delà des neveux/nièces en ligne collatérale)
  • Elle ne joue pas en matière de legs testamentaire : si un légataire est prédécédé, le legs est caduc (sauf clause de substitution)
  • En assurance-vie, la représentation ne s'applique pas automatiquement : le capital est versé aux bénéficiaires subsidiaires ou, à défaut, réintègre la succession (article L132-9 du Code des assurances)

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Questions fréquentes

Sources juridiquesCode civilCode général des impôtsBOFiP