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Comment est évaluée une maison pour la succession ?

En bref

Un bien immobilier est évalué à sa valeur vénale au jour du décès, c'est-à-dire le prix qu'un acquéreur informé accepterait de payer dans des conditions normales de marché. Les méthodes d'évaluation principales sont la comparaison avec des ventes similaires et la capitalisation des revenus. Des décotes (occupation, indivision) peuvent réduire la base taxable.
Mis à jour le 13 mai 2026 - 6 min de lecture

La valeur vénale : le principe

L'administration fiscale exige que les biens immobiliers soient déclarés à leur valeur vénale réelle au jour du décès (article 761 du CGI). Cette valeur correspond au prix de marché, c'est-à-dire le montant qu'un acheteur raisonnable paierait pour le bien, dans des conditions normales de vente (pas de vente forcée, pas de lien entre vendeur et acheteur).

C'est une valeur de pleine propriété libre d'occupation, sauf application de décotes justifiées.

Les méthodes d'évaluation

1. La méthode par comparaison

C'est la méthode la plus courante. Elle consiste à comparer le bien avec des ventes récentes de biens similaires dans le même secteur géographique. Les critères de comparaison incluent :

  • La localisation (quartier, rue, étage)
  • La surface habitable
  • L'état général (neuf, bon état, travaux à prévoir)
  • Les prestations (parking, terrasse, jardin, cave)
  • La date de la vente de référence

Les références peuvent être obtenues auprès des notaires (base PERVAL/BIEN), des sites spécialisés (DVF, MeilleursAgents) ou de l'administration fiscale elle-même (base Patrim).

2. La méthode par capitalisation

Utilisée principalement pour les biens locatifs, elle consiste à diviser le revenu locatif annuel par un taux de capitalisation représentatif du marché local. Par exemple, un bien générant 12 000 € de loyer annuel avec un taux de capitalisation de 4 % serait évalué à 300 000 €.

3. La méthode par le coût de remplacement

Pour les biens atypiques (châteaux, bâtiments industriels), on additionne la valeur du terrain et le coût de reconstruction, déduction faite de la vétusté. Cette méthode est rarement utilisée pour les biens résidentiels courants.

Les décotes admises

Certaines situations justifient une décote sur la valeur vénale du bien :

  • Occupation par le conjoint survivant : lorsque le bien constitue la résidence principale du conjoint survivant, une décote de 20 % est admise par l'administration (article 764 bis du CGI)
  • Indivision : un bien en indivision est plus difficile à vendre qu'un bien en pleine propriété. Une décote de 10 à 30 % peut être appliquée selon les circonstances
  • Occupation par un locataire : un bien loué vaut moins qu'un bien libre. La décote varie de 10 à 20 % selon la durée restante du bail et le profil du locataire
  • Mauvais état : les travaux nécessaires peuvent justifier une décote, à condition d'être documentés (devis, constats)

La décote de 20 % sur la résidence principale

L'article 764 bis du CGI prévoit un abattement de 20 % sur la valeur de la résidence principale du défunt, lorsqu'elle est occupée au jour du décès par le conjoint survivant, le partenaire de PACS, ou un enfant mineur ou majeur protégé. Cet abattement est automatique et ne nécessite aucune justification particulière.

Exemple concret

Gérard décède en laissant une maison à Bordeaux occupée par sa femme Hélène. Des ventes comparables dans le quartier situent la valeur du bien entre 380 000 et 420 000 €.

  • Valeur retenue : 400 000 € (moyenne des comparables)
  • Décote résidence principale : -20 % = 80 000 €
  • Valeur déclarée : 400 000 - 80 000 = 320 000 €

Si Hélène choisit l'usufruit de la totalité, la valeur de la nue-propriété est calculée selon le barème de l'article 669 du CGI (en fonction de l'âge d'Hélène). Les enfants ne sont imposés que sur la nue-propriété décotée.

Les risques de sous-évaluation

L'administration fiscale dispose d'un droit de contrôle sur les valeurs déclarées. En cas de sous-évaluation manifeste, elle peut :

  • Proposer une rectification : l'héritier dispose de 30 jours pour accepter ou contester
  • Appliquer des pénalités : majoration de 40 % si la sous-évaluation est qualifiée de manquement délibéré

Il est donc essentiel de conserver des éléments de preuve de l'évaluation retenue : avis de valeur d'un agent immobilier, comparables DVF, photographies de l'état du bien.

Erreurs fréquentes

  • Déclarer la valeur d'achat au lieu de la valeur actuelle : c'est la valeur vénale au jour du décès qui compte, pas le prix d'acquisition
  • Sous-évaluer volontairement : l'administration dispose de bases de données précises (DVF, Patrim) et peut facilement détecter une sous-évaluation
  • Oublier la décote de 20 % sur la résidence principale : cette décote est systématiquement applicable lorsque le conjoint continue d'occuper le bien

Base de données DVF : vérifiez les prix de votre quartier

La base Demandes de Valeurs Foncières (DVF), accessible gratuitement sur app.dvf.etalab.gouv.fr, recense toutes les transactions immobilières en France. C'est l'outil que l'administration utilise pour vérifier les valeurs déclarées. Consultez-la avant de fixer la valeur du bien dans la déclaration.

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