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Partage Successoral : Attribution des Biens aux Héritiers | Succession

Définition

Le partage successoral est l'opération juridique qui met fin à l'indivision en attribuant à chaque héritier des biens déterminés en pleine propriété. Il peut être amiable (accord unanime des héritiers) ou judiciaire (ordonné par le tribunal en cas de désaccord). Le partage est soumis à un droit de 1,10 % sur l'actif net partagé.
Mis à jour le 23 février 2026 - 6 min de lecture

Principe du partage

Le partage successoral a un effet fondamental : il transforme les droits abstraits de chaque héritier (quote-part indivise) en droits concrets sur des biens déterminés. Après le partage, chaque héritier est propriétaire exclusif de ses biens.

L'article 883 du Code civil pose le principe de l'effet déclaratif du partage : chaque héritier est réputé avoir été propriétaire des biens qui lui sont attribués depuis le jour du décès (et non depuis le jour du partage). Cette fiction rétroactive a des conséquences importantes sur les hypothèques et les actes de disposition accomplis pendant l'indivision.

Le partage amiable

Le partage amiable requiert l'accord unanime de tous les héritiers sur la composition des lots. Il est toujours préférable au partage judiciaire (plus rapide, moins coûteux).

Conditions

  • Tous les héritiers doivent être capables (majeurs non protégés). Si un héritier est mineur ou sous tutelle, une autorisation judiciaire est nécessaire
  • L'accord doit porter sur l'évaluation des biens et la composition des lots
  • Si la succession comprend des immeubles, le partage doit être fait par acte notarié (article 835 du Code civil)

Déroulement

  • Le notaire établit l'actif et le passif de la succession
  • Il procède au rapport des donations et vérifie le respect de la réserve héréditaire
  • Il compose les lots et les attribue aux héritiers
  • Si les lots sont d'inégale valeur, l'héritier avantagé verse une soulte (compensation financière) aux autres

Le partage judiciaire

En cas de désaccord entre héritiers, tout indivisaire peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir le partage (article 840 du Code civil).

  • Le tribunal nomme un notaire pour procéder aux opérations de partage
  • Un expert peut être désigné pour évaluer les biens
  • Le tribunal tranche les contestations (évaluation, rapport des donations, composition des lots)
  • Le partage judiciaire est long (2 à 5 ans en moyenne) et coûteux (frais d'avocat + expertise + émoluments notariés)

Attributions préférentielles

Certains héritiers peuvent demander l'attribution préférentielle de certains biens (articles 831 et suivants du Code civil) :

  • Le conjoint survivant : attribution du logement familial et de son mobilier (attribution de droit, article 831-2)
  • L'héritier exploitant : attribution d'une exploitation agricole, artisanale ou commerciale
  • L'héritier copropriétaire : attribution du bien dont il était déjà propriétaire indivis avant le décès

L'héritier attributaire verse une soulte aux autres si la valeur du bien excède sa part successorale.

Fiscalité du partage

Le partage est soumis à un droit de partage de 1,10 % (article 746 du CGI), calculé sur l'actif net partagé (actif brut moins passif déductible). Ce droit est payé par les héritiers proportionnellement à leurs parts.

Les soultes sont soumises aux droits de mutation (droits d'enregistrement) si elles excèdent la part de l'héritier qui les verse. En pratique, le notaire veille à composer les lots de façon à minimiser les soultes.

Le partage partiel

Il est possible de procéder à un partage partiel, portant uniquement sur certains biens (par exemple, le logement familial) tout en maintenant l'indivision sur le reste du patrimoine. Cette solution permet de débloquer une situation urgente sans attendre le règlement complet de la succession.

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Questions fréquentes

Sources juridiquesCode civilCode général des impôtsBOFiP