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Renonciation à la Succession : Refuser un Héritage | Succession

Définition

La renonciation à la succession est l'acte par lequel un héritier refuse d'hériter. L'héritier renonçant est réputé n'avoir jamais été héritier (article 805 du Code civil). Il ne reçoit aucun bien, ne paie aucune dette, mais ses descendants peuvent le représenter et hériter à sa place. La renonciation se fait par déclaration au greffe du tribunal judiciaire.
Mis à jour le 12 mars 2026 - 6 min de lecture

Pourquoi renoncer à une succession ?

La renonciation est justifiée dans plusieurs situations :

  • Succession déficitaire : les dettes du défunt excèdent l'actif. Accepter reviendrait à devoir payer les dettes sur son patrimoine personnel
  • Stratégie de transmission : un héritier renonce pour que ses enfants héritent directement (par représentation), ce qui multiplie les abattements fiscaux
  • Solidarité familiale : un héritier renonce au profit d'un cohéritier dans le besoin (bien que la renonciation ne soit pas une donation au profit d'une personne déterminée)
  • Brouille familiale : l'héritier souhaite couper tout lien avec la succession

Procédure de renonciation

Déclaration au greffe

La renonciation s'effectue par une déclaration au greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession (article 804 du Code civil). La déclaration est signée par l'héritier renonçant (ou son mandataire muni d'une procuration spéciale notariée).

Inscription au Registre National

La renonciation est inscrite au registre national tenu par le tribunal. Elle est opposable aux tiers dès son inscription. Les créanciers et cohéritiers peuvent vérifier si un héritier a renoncé en interrogeant ce registre.

Coût

La déclaration de renonciation est gratuite. Aucun frais de notaire n'est requis (le notaire n'intervient pas obligatoirement).

Effets de la renonciation

Effet rétroactif

L'héritier renonçant est réputé n'avoir jamais été héritier (article 805 du Code civil). Cette fiction rétroactive a des conséquences importantes :

  • Il ne reçoit aucun bien de la succession
  • Il n'est tenu d'aucune dette du défunt
  • Il n'a pas à effectuer de rapport des donations reçues (mais celles-ci s'imputent sur la quotité disponible)

Représentation

Depuis la loi du 23 juin 2006, les descendants de l'héritier renonçant peuvent venir à la succession par représentation. Ce mécanisme est essentiel pour la stratégie de "saut de génération" :

  • L'enfant renonce à la succession de son parent
  • Les petits-enfants héritent directement du grand-parent par représentation
  • Ils bénéficient de l'abattement du représenté (100 000 EUR partagé entre eux)

Délais

L'héritier dispose d'un délai pour exercer son option successorale :

  • 4 mois de réflexion après la connaissance du décès (pendant lesquels il ne peut être contraint de se prononcer)
  • Après ces 4 mois, un cohéritier, un créancier ou l'État peut le mettre en demeure de se prononcer dans un délai de 2 mois
  • En l'absence de décision dans les 10 ans suivant l'ouverture de la succession, l'héritier est réputé renonçant (article 780 du Code civil)

Frais funéraires et renonciation

Attention : la renonciation ne dispense pas de la contribution aux frais funéraires. L'article 806 du Code civil précise que même les héritiers renonçants sont tenus des frais funéraires à proportion de leurs moyens. Cette obligation est personnelle et ne dépend pas de l'acceptation de la succession.

Révocation de la renonciation

L'héritier renonçant peut révoquer sa renonciation et accepter la succession, à condition que (article 807 du Code civil) :

  • La succession n'ait pas déjà été acceptée par un autre héritier
  • Le délai de 10 ans depuis l'ouverture de la succession ne soit pas expiré

La révocation de la renonciation est une mesure de faveur : elle permet de revenir sur une décision prise hâtivement (par exemple, si l'héritier découvre que la succession est finalement bénéficiaire).

Renonciation et assurance-vie

Un héritier qui renonce à la succession conserve ses droits sur les contrats d'assurance-vie dont il est bénéficiaire désigné. L'assurance-vie étant hors succession (article L132-12 du Code des assurances), la renonciation n'affecte pas le droit au capital décès.

Stratégie de saut de génération

La renonciation est un outil de planification successorale : un enfant renonce pour que ses propres enfants héritent directement du grand-parent par représentation. Les petits-enfants partagent l'abattement de 100 000 EUR du représenté. Cette stratégie est particulièrement efficace quand l'enfant intermédiaire a déjà un patrimoine suffisant et souhaite favoriser la génération suivante.

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Questions fréquentes

Sources juridiquesCode civilCode général des impôtsBOFiP