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Léguer à une association en 2026 : zéro droit de succession

Un legs consenti à une association ou une fondation reconnue d'utilité publique est totalement exonéré de droits de succession (article 795 du Code général des impôts). En présence d'héritiers réservataires, le legs ne peut toutefois porter que sur la quotité disponible.
Mis à jour le 17 mai 2026 - 6 min de lecture

Léguer à une association : une exonération totale, mais encadrée

Transmettre une partie de son patrimoine à une cause d'intérêt général est un geste de plus en plus courant. Sa force tient à un mécanisme fiscal souvent ignoré : un legs consenti à une association ou une fondation reconnue d'utilité publique est totalement exonéré de droits de mutation. Cette règle est posée par l'article 795 du Code général des impôts et confirmée par la doctrine fiscale (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-20). Concrètement, là où un legs à un tiers sans lien de parenté est taxé à 60 %, un legs à une association éligible arrive intact : 100 % de la somme sert la cause.

L'exonération n'est pas une faveur discrétionnaire : elle s'applique automatiquement dès lors que l'organisme remplit les conditions légales. Mais le périmètre des structures concernées et la part du patrimoine que l'on peut réellement transmettre obéissent à des règles précises qu'il faut connaitre avant de rédiger son testament.

Quelles associations peuvent recevoir un legs exonéré ?

L'exonération de l'article 795 du CGI ne vise pas n'importe quelle association. Sont notamment concernés :

  • Les fondations et associations reconnues d'utilité publique (RUP) dont les ressources sont affectées à des oeuvres d'assistance, de bienfaisance ou à la recherche
  • Les établissements publics ou d'utilité publique dont les ressources sont exclusivement consacrées à des oeuvres scientifiques, culturelles ou artistiques à caractère désintéressé
  • Les associations simplement déclarées dont les ressources sont exclusivement affectées à la recherche médicale ou scientifique à caractère désintéressé
  • Les associations reconnues d'utilité publique oeuvrant pour la défense de l'environnement naturel ou la protection des animaux
  • Les associations cultuelles et congrégations autorisées, ainsi que les fonds de dotation à gestion désintéressée

À l'inverse, une association loi 1901 simplement déclarée, sans reconnaissance d'utilité publique et sans objet d'intérêt général éligible, a une capacité juridique restreinte : elle ne peut en principe pas recevoir de legs. Avant de désigner un organisme, il est donc indispensable de vérifier qu'il a bien la capacité légale de recevoir des libéralités. Les grandes structures (fondations, organismes de recherche, associations environnementales RUP) disposent d'un service dédié qui le confirme par écrit.

La réserve héréditaire limite ce que vous pouvez léguer

L'exonération fiscale ne fait pas tout sauter : le droit civil protège vos héritiers les plus proches. Si vous avez des enfants, ils sont héritiers réservataires et une fraction du patrimoine leur revient obligatoirement. Vous ne pouvez léguer librement que la quotité disponible :

  • 1 enfant : réserve de 1/2, quotité disponible de 1/2
  • 2 enfants : réserve de 2/3, quotité disponible de 1/3
  • 3 enfants ou plus : réserve de 3/4, quotité disponible de 1/4

En l'absence de descendant, la liberté est bien plus large : sans enfant ni conjoint, vous pouvez léguer la totalité de votre patrimoine à l'association de votre choix. Pour bien mesurer ce que représente votre quotité disponible, la page réserve héréditaire et quotité disponible détaille chaque configuration familiale.

Comment faire concrètement : le testament

Un legs n'existe que par testament. Deux formes principales coexistent :

  • Le testament olographe : entièrement écrit, daté et signé de votre main (article 970 du Code civil). Gratuit, mais fragile en cas de formulation imprécise ou de perte
  • Le testament authentique : reçu par un notaire devant témoins. Plus sécurisé, inscrit au Fichier central des dispositions de dernières volontés, quasi inattaquable

Vous pouvez désigner l'association comme légataire universel (la totalité de ce dont vous pouvez disposer), à titre universel (une quote-part) ou à titre particulier (un bien précis : une somme, un appartement, un portefeuille). La rédaction exacte compte : un legs mal formulé peut être requalifié ou contesté. Pour les enjeux de fond, la page rédiger son testament récapitule les pièges à éviter, et le comparatif legs et donation aide à choisir entre transmettre de son vivant ou par testament.

L'astuce du legs net de frais pour gratifier un proche

Le mécanisme le plus méconnu est le legs net de frais. Le principe : vous gratifiez un proche éloigné (neveu, ami, concubin) qui serait normalement taxé lourdement, tout en désignant une association exonérée comme légataire universel à charge pour elle d'acquitter les droits dus par le bénéficiaire taxé.

Comme l'association est exonérée sur sa propre part, elle dispose des fonds pour payer les droits du proche : ce dernier reçoit alors son legs net de toute fiscalité, et l'association conserve le solde. Tout le monde y gagne, à condition que le calcul soit fait précisément par un notaire pour vérifier que l'opération reste favorable à la cause. C'est une stratégie classique des grandes fondations, mais elle exige une rédaction testamentaire rigoureuse.

Pour estimer ce que vos héritiers paieraient sans optimisation et mesurer l'intérêt d'un legs caritatif, notre simulateur de droits de succession donne un premier ordre de grandeur. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. La rédaction d'un testament comportant un legs à une association doit être préparée avec votre notaire, qui vérifiera la capacité de l'organisme à recevoir et la cohérence de l'opération avec votre situation familiale.

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