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PER ou assurance vie : lequel pour transmettre en 2026 ?

L'assurance vie reste le véhicule de transmission le plus avantageux grâce à ses abattements spécifiques (152 500 EUR par bénéficiaire avant 70 ans, art. 990 I CGI). Le PER assurantiel bénéficie du même régime fiscal au décès, mais le PER bancaire (compte-titres) réintègre l'actif successoral et subit le barème classique des droits de succession (5 à 45 % en ligne directe). Dans les deux cas, le conjoint survivant est totalement exonéré.

PER bancaire, PER assurantiel et assurance vie : comparatif au décès

Assurance viePER assurantielPER bancaire
Régime fiscal au décès (< 70 ans)Art. 990 I : 152 500 EUR/bénéficiaire, 20 % puis 31,25 %Identique à l'AV (art. 990 I)DMTG : barème classique 5-45 % (100 000 EUR abattement/enfant)
Régime fiscal au décès (> 70 ans)Art. 757 B : 30 500 EUR global, barème DMTGIdentique à l'AV (art. 757 B)DMTG : barème classique 5-45 %
Intérêts exonérés (> 70 ans)OuiOuiNon (tout intègre l'actif successoral)
Conjoint / PACSExonéréExonéréExonéré
Prélèvements sociaux au décès17,2 % sur les gains17,2 % sur les gainsAucun
Clause bénéficiaireOui (hors succession)Oui (hors succession)Non (actif successoral)
Déductibilité des versementsNonOui (sauf > 70 ans depuis LFI 2026)Oui (sauf > 70 ans depuis LFI 2026)

Art. 990 I, 757 B et 777 du CGI. Régimes en vigueur au 1er janvier 2026. L'abattement de 152 500 EUR est partagé entre tous les contrats d'assurance du même assuré (AV + PER assurantiel).

Mis à jour le 31 mars 2026 - 6 min de lecture

La question que tout le monde se pose en 2026

Avec la montée en puissance du PER depuis sa création en 2019, de nombreux épargnants se demandent s'il peut remplacer l'assurance vie comme outil de transmission. La réponse dépend d'un détail que beaucoup ignorent : le type de PER souscrit, assurantiel ou bancaire. Car les deux ne se valent pas du tout au décès.

L'assurance vie bénéficie d'un régime fiscal dérogatoire au décès, construit autour de deux articles du CGI : l'article 990 I (versements avant 70 ans) et l'article 757 B (versements après 70 ans). Le PER assurantiel emprunte ce même régime. Le PER bancaire, lui, tombe dans le droit commun des successions. C'est une différence de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur un patrimoine moyen.

Assurance vie au décès : le régime de référence

L'assurance vie dispose de deux régimes fiscaux distincts selon l'âge de l'assuré au moment des versements :

Versements avant 70 ans (art. 990 I CGI) : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 EUR. Au-delà, le capital est taxé à 20 % jusqu'à 700 000 EUR, puis à 31,25 %. Ce barème forfaitaire est indépendant du lien de parenté, ce qui en fait un outil particulièrement efficace pour transmettre à des tiers, neveux ou amis.

Versements après 70 ans (art. 757 B CGI) : l'abattement tombe à 30 500 EUR global, partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats de l'assuré. Au-delà, le barème des droits de succession classique s'applique selon le lien de parenté. En revanche, les intérêts et plus-values générés sur ces versements sont totalement exonérés de droits de succession.

Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur les gains au dénouement du contrat (LFSS 2026 inchangée sur ce point).

PER assurantiel au décès : le jumeau méconnu de l'assurance vie

C'est la surprise que découvrent beaucoup d'épargnants : un PER souscrit auprès d'un assureur (PER assurantiel) bénéficie exactement du même régime fiscal au décès que l'assurance vie. La raison est simple : juridiquement, c'est un contrat d'assurance, avec une clause bénéficiaire et un dénouement hors succession.

Décès avant 70 ans : le capital est transmis hors succession avec un abattement de 152 500 EUR par bénéficiaire (art. 990 I CGI), puis taxation à 20 % et 31,25 %.

Décès après 70 ans : le régime bascule sur l'article 757 B, avec l'abattement global de 30 500 EUR et le barème des droits de succession. Les intérêts restent exonérés.

La nuance importante : l'abattement de 152 500 EUR et celui de 30 500 EUR sont partagés entre tous les contrats d'assurance d'un même assuré, PER assurantiels et contrats d'assurance vie confondus. Ouvrir un PER assurantiel en plus de son assurance vie n'offre pas de double abattement.

PER bancaire au décès : retour au droit commun

Le PER bancaire (ou PER compte-titres), souscrit auprès d'une banque ou d'un courtier en ligne, fonctionne comme un compte-titres ordinaire. Il ne comporte pas de clause bénéficiaire au sens assurantiel du terme. Au décès du titulaire, le capital est réintégré dans l'actif successoral et soumis au barème classique des droits de mutation à titre gratuit (DMTG), quel que soit l'âge du défunt.

Concrètement, pour une transmission en ligne directe (parent vers enfant) :

  • Abattement de 100 000 EUR par enfant (art. 779 CGI)
  • Barème progressif de 5 % à 45 % selon les tranches (art. 777 CGI)
  • Pas de prélèvements sociaux au décès sur le PER bancaire

Pour des montants importants, l'écart avec le régime de l'assurance vie ou du PER assurantiel est considérable. Et pour une transmission à un tiers (ni conjoint, ni descendant), le taux peut atteindre 60 % sans abattement significatif.

Exemple chiffré : 200 000 EUR transmis à un enfant unique

Prenons un parent qui souhaite transmettre 200 000 EUR à son enfant unique. L'abattement de 100 000 EUR en ligne directe est déjà consommé par une donation antérieure. Comparons trois scénarios :

Scénario 1 : assurance vie (versements avant 70 ans)

  • Abattement art. 990 I : 152 500 EUR
  • Capital taxable : 47 500 EUR
  • Prélèvement : 47 500 x 20 % = 9 500 EUR
  • Taux effectif : 4,75 %

Scénario 2 : PER assurantiel (versements avant 70 ans)

  • Même régime que le scénario 1 (art. 990 I)
  • Abattement : 152 500 EUR (partagé avec les éventuels contrats d'AV)
  • Prélèvement : 9 500 EUR (si l'abattement n'est pas déjà consommé par l'AV)
  • Taux effectif : 4,75 %

Scénario 3 : PER bancaire

  • Capital intégré à la succession : 200 000 EUR
  • Abattement ligne directe déjà consommé : 0 EUR
  • Droits de succession : environ 38 194 EUR (barème progressif art. 777 CGI)
  • Taux effectif : 19,1 %

L'écart entre le PER bancaire et l'assurance vie atteint 28 694 EUR sur ce seul capital. C'est le prix de ne pas avoir choisi le bon véhicule.

Le conjoint survivant : exonéré dans tous les cas

Quel que soit le support choisi, le conjoint survivant (marié ou pacsé) est totalement exonéré de droits de succession. C'est une règle transversale issue de la loi TEPA de 2007 (art. 796-0 bis CGI) pour la succession classique, et confirmée par les articles 990 I et 757 B pour l'assurance vie et le PER assurantiel.

Pour le conjoint, le choix entre PER et assurance vie se fait donc sur d'autres critères : liquidité du contrat, rendement, flexibilité des rachats, et déductibilité fiscale des versements pendant la phase d'épargne.

PER et assurance vie : complémentaires, pas interchangeables

La vraie stratégie patrimoniale ne consiste pas à choisir l'un ou l'autre, mais à combiner les deux en fonction de l'objectif :

L'assurance vie excelle pour la transmission. Souplesse de la clause bénéficiaire, abattement de 152 500 EUR par bénéficiaire, barème forfaitaire indépendant du lien de parenté, liquidité totale pendant la vie de l'assuré. C'est l'outil de référence pour organiser sa succession.

Le PER excelle pour la déduction fiscale pendant la phase d'épargne. Les versements sont déductibles du revenu imposable (dans la limite des plafonds), ce qui réduit l'impôt sur le revenu. Mais cette déductibilité a un prix : le capital sera fiscalisé à la sortie (impôt sur le revenu en cas de rachat, ou droits de succession au décès pour le PER bancaire).

Le PER assurantiel combine les deux avantages : déduction à l'entrée et régime favorable au décès. C'est la raison pour laquelle il est généralement préféré au PER bancaire pour les épargnants soucieux de transmission.

Vigilance 2026 : l'avantage fiscal du PER après 70 ans remis en question

La loi de finances pour 2026 a introduit un changement notable : les versements volontaires effectués sur un PER après le 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette mesure réduit l'intérêt du PER comme outil d'optimisation fiscale pour les seniors, sans toucher au régime de transmission au décès du PER assurantiel (qui reste aligné sur l'assurance vie).

Pour les épargnants de plus de 70 ans qui cherchent avant tout à transmettre, l'assurance vie redevient le choix naturel : même régime fiscal au décès, mais avec une liquidité supérieure et sans la contrainte de blocage jusqu'à la retraite.

Quel outil choisir selon votre situation ?

Voici les recommandations selon le profil type :

  • Vous avez moins de 70 ans et un TMI élevé : combinez PER assurantiel (déduction fiscale) et assurance vie (transmission + liquidité). Les deux partagent le même abattement de 152 500 EUR au décès.
  • Vous avez plus de 70 ans : privilégiez l'assurance vie. Depuis la LFI 2026, le PER n'offre plus la déduction fiscale après 70 ans, et le régime au décès est identique.
  • Vous souhaitez transmettre à un tiers ou un neveu : l'assurance vie (ou le PER assurantiel) avant 70 ans est imbattable grâce au barème forfaitaire de 20 %/31,25 %, nettement inférieur au taux de 55 % ou 60 % applicable en succession classique.
  • Vous avez un PER bancaire : envisagez un transfert vers un PER assurantiel. Le transfert est possible sans fiscalité et permet de basculer vers le régime favorable de l'assurance vie au décès.

PER bancaire vs PER assurantiel : vérifiez votre contrat

La majorité des PER individuels commercialisés sont des PER assurantiels (souscrits auprès d'un assureur), mais certaines banques en ligne et courtiers proposent des PER bancaires (compte-titres). Au décès, la différence fiscale est majeure : le PER bancaire réintègre l'actif successoral sans les abattements de l'assurance vie. Un transfert de PER bancaire vers PER assurantiel est possible sans coût fiscal.

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Questions fréquentes

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