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Legare

Que reçoit votre conjoint en cas de décès ?

Exonération totale de droits, choix entre usufruit et pleine propriété, droit au logement pendant 1 an : la loi protège le conjoint survivant, mais ses droits varient selon votre situation familiale.

SourcesCode civil (art. 756-767)Art. 796-0 bis CGILoi TEPA 21/08/2007Service-public.fr
Mis à jour le 2 avril 2026

0 EUR

Droits de succession pour le conjoint

100 %

Usufruit possible si enfants communs

1 an

Droit au logement automatique

Droits du conjoint sans testament

Art. 757 du Code civil - droits légaux selon la situation familiale

SituationPart du conjointPart des enfants
Tous les enfants sont communsAu choix : usufruit de la totalité OU 1/4 en pleine propriétéNue-propriété de la totalité OU 3/4 en pleine propriété
Un ou plusieurs enfants d'une autre union1/4 en pleine propriété (pas de choix)3/4 en pleine propriété

Le conjoint dispose de 3 mois pour exercer son option après invitation écrite d'un héritier (art. 758-3). Sans réponse, il est présumé avoir choisi l'usufruit.

Sans enfants : le conjoint hérite davantage

En l'absence de descendant, la part du conjoint survivant dépend de la présence des parents du défunt (art. 757-1 et 757-2 du Code civil).

  • Les deux parents sont vivants : le conjoint reçoit 1/2 en pleine propriété, chaque parent reçoit 1/4.
  • Un seul parent est vivant : le conjoint reçoit 3/4 en pleine propriété, le parent survivant reçoit 1/4.
  • Aucun parent n'est vivant : le conjoint reçoit la totalité de la succession. Les frères et soeurs du défunt sont exclus.

Exception : les biens de famille que le défunt avait reçus de ses parents par donation ou succession sont soumis à un droit de retour au profit des frères et soeurs, dans la limite de la moitié de la succession (art. 757-3 du Code civil).

Le conjoint survivant est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant reçu.

Art. 796-0 bis CGI, loi TEPA du 21 août 2007

Avec une donation au dernier vivant : 3 options

Art. 1094-1 du Code civil - la donation entre époux élargit le choix

OptionCe que reçoit le conjointQuand la privilégier
Option 1 : usufruit totalUsufruit de la totalité des biensConjoint qui veut rester dans le logement et percevoir tous les revenus
Option 2 : 1/4 PP + 3/4 usufruit1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruitCompromis : capital immédiat + revenus à vie
Option 3 : quotité disponible en PP1/2 (1 enfant), 1/3 (2 enfants), 1/4 (3+ enfants) en pleine propriétéConjoint qui veut un patrimoine propre et libre de le gérer

La donation entre époux coûte environ 261 EUR TTC par époux chez le notaire. Elle est révocable à tout moment (sauf divorce). Elle ne produit effet qu'au décès.

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Le droit au logement du conjoint survivant

La loi protège le cadre de vie du conjoint survivant avec deux mécanismes distincts.

Droit temporaire : 1 an de jouissance gratuite

Dès le décès, le conjoint bénéficie automatiquement de la jouissance gratuite du logement familial et de son mobilier pendant 1 an (art. 763 du Code civil). Ce droit est d'ordre public : il s'applique même contre la volonté exprimée dans un testament. Il couvre aussi les loyers si le logement était en location.

Droit viager : rester à vie dans le logement

Le conjoint peut demander un droit d'habitation et d'usage à vie sur le logement familial (art. 764 du Code civil). Il doit le réclamer dans l'année suivant le décès. Ce droit viager s'impute sur la valeur de sa part successorale. Le défunt peut l'écarter par testament authentique (acte notarié).

Ces deux protections s'appliquent si le logement appartenait aux époux ou dépendait de la succession au moment du décès.

1 an

Jouissance gratuite automatique du logement

Fondement juridique

Art. 763 et 764 du Code civil

Attention

Le droit viager au logement peut être écarté par testament authentique - vérifiez si un testament existe.

54 %

Pension de réversion (régime général)

24 232 EUR

Plafond ressources personne seule (2026)

4 009 EUR

Capital décès CPAM (depuis avril 2026)

Pension de réversion et capital décès

Le conjoint survivant peut percevoir 54 % de la retraite de base du défunt (régime général). Le PACS et le concubinage ne donnent pas droit à la pension de réversion - seul le mariage ouvre ce droit.

Conditions (régime général) : avoir été marié avec le défunt et ne pas dépasser 24 232 EUR de ressources annuelles (personne seule) ou 38 771,20 EUR (en couple) en 2026. Il n'y a pas d'âge minimum ni de durée minimum de mariage.

En complément, le capital décès CPAM de 4 009 EUR (forfaitaire depuis le 1er avril 2026) est versé en priorité au conjoint survivant. Il doit être demandé dans les 30 jours suivant le décès.

Régimes complémentaires

Les caisses complémentaires (Agirc-Arrco pour les salariés du privé) versent également une pension de réversion, avec des conditions différentes (60 % du montant, conditions d'âge de 55 ans). Contactez chaque caisse du défunt.

Mariage, PACS, concubinage : des droits très différents

Conjoint marié

Héritier légal
Oui, automatiquement
Exonération droits
Totale (art. 796-0 bis CGI)
Droit au logement
1 an automatique + viager possible
Pension de réversion
54 % sous conditions de ressources
Capital décès CPAM
Prioritaire (4 009 EUR)
Protection optimale
Donation au dernier vivant

Partenaire PACS / concubin

Héritier légal
Non - testament obligatoire (PACS) / Non (concubin)
Exonération droits
PACS : totale / Concubin : taxé à 60 %
Droit au logement
PACS : 1 an (art. 515-6 CC) / Concubin : aucun droit
Pension de réversion
PACS : non / Concubin : non
Capital décès CPAM
PACS : oui / Concubin : oui si à charge
Protection optimale
Testament + assurance-vie

Le concubin n'a aucun droit successoral. L'assurance-vie avec clause bénéficiaire adaptée est la seule solution efficace pour lui transmettre un capital (abattement 152 500 EUR par bénéficiaire, art. 990 I CGI).

Protéger votre conjoint au-delà de la loi

La donation entre époux, le testament et l'assurance-vie permettent d'aller plus loin que les droits légaux. Comparez les stratégies adaptées à votre situation.

Conversion de l'usufruit en rente viagère

L'usufruit du conjoint peut être converti en rente viagère à la demande d'un héritier ou du conjoint lui-même (art. 759 à 762 du Code civil). La rente est calculée selon l'âge du conjoint et la valeur de l'usufruit.

Cette conversion est souvent demandée par les enfants qui souhaitent disposer librement des biens (notamment pour vendre un bien immobilier). Le juge peut l'imposer si les parties ne trouvent pas d'accord, sauf sur le logement principal du conjoint.

La valeur de l'usufruit est calculée selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI ou par évaluation économique (tables de mortalité INSEE).

Questions fréquentes sur le conjoint survivant

Les informations présentées sur cette page sont à caractère général et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Elles sont vérifiées auprès de sources officielles (Code général des impôts, BOFiP, service-public.fr) mais ne sauraient se substituer à l'avis d'un notaire ou d'un conseiller en gestion de patrimoine pour votre situation particulière. Données fiscales en vigueur au 1er janvier 2026.