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Modèle de clause bénéficiaire assurance vie

La clause bénéficiaire désigne la ou les personnes qui recevront le capital de l'assurance vie au décès du souscripteur. Sa rédaction est déterminante : une clause mal formulée peut entraîner une taxation à 60 % au lieu de l'exonération totale pour le conjoint, ou un versement à des personnes non souhaitées.
Mis à jour le 13 février 2026 - 11 min de lecture

Pourquoi la clause bénéficiaire est-elle si importante ?

L'assurance vie est le premier outil de transmission en France, avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours. Pourtant, la majorité des contrats conservent la clause standard pré-rédigée par l'assureur, souvent inadaptée à la situation réelle du souscripteur.

Les conséquences d'une clause mal rédigée peuvent être lourdes :

  • Versement à une personne non souhaitée (ex-conjoint après divorce si la clause mentionne "mon conjoint" sans le nommer)
  • Risque de réintégration à la succession civile si le capital revient aux "héritiers" sans désignation précise, avec perte du régime fiscal favorable de l'assurance vie (taxation pouvant atteindre 60 % pour les héritiers sans lien de parenté)
  • Capital intégré à la succession en l'absence de bénéficiaire déterminable, perdant tout avantage fiscal
  • Blocage du versement en cas d'ambiguïté nécessitant une interprétation judiciaire

Modèle n°1 : clause standard nominative

C'est la clause la plus courante. Elle désigne le conjoint en priorité, puis les enfants, puis les héritiers à défaut.

Je désigne comme bénéficiaire(s) de mon contrat d'assurance vie :

1. Mon conjoint non séparé de corps, Madame/Monsieur [Prénom NOM], né(e) le [date] à [lieu] ;

2. À défaut, mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ;

3. À défaut, mes héritiers.

Points d'attention :

  • Toujours nommer le bénéficiaire (prénom, nom, date et lieu de naissance) pour éviter toute ambiguïté
  • La mention "non séparé de corps" exclut automatiquement le conjoint en cas de séparation judiciaire
  • "Nés ou à naître" couvre les enfants futurs
  • "Vivants ou représentés" permet aux petits-enfants de recevoir la part d'un enfant prédécédé. Attention : l'article L132-9 du Code des assurances prévoit qu'en cas de prédécès du bénéficiaire, le capital revient aux bénéficiaires subsidiaires, pas aux héritiers du bénéficiaire prédécédé

Modèle n°2 : clause démembrée

La clause démembrée permet de transmettre l'usufruit du capital au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants. C'est un outil puissant d'optimisation fiscale et patrimoniale.

Je désigne comme bénéficiaire(s) de mon contrat d'assurance vie :

1. Pour l'usufruit : mon conjoint non séparé de corps, Madame/Monsieur [Prénom NOM], né(e) le [date] à [lieu] ;

Pour la nue-propriété : mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ;

2. À défaut de conjoint survivant : mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux, en pleine propriété ;

3. À défaut, mes héritiers.

Avantages de la clause démembrée :

  • Le conjoint usufruitier est exonéré de droits de succession et de fiscalité de l'assurance vie
  • Les enfants nus-propriétaires bénéficient de l'abattement de 152 500 EUR chacun (article 990 I du CGI) sur la totalité du capital, et non sur la seule valeur de la nue-propriété (réponse ministérielle CIOT du 23/02/2016)
  • Au décès du conjoint usufruitier, les enfants récupèrent la pleine propriété sans fiscalité supplémentaire

Point de vigilance : la clause démembrée implique un quasi-usufruit sur les sommes d'argent (article 587 du Code civil). Le conjoint perçoit et utilise le capital librement, mais doit une créance de restitution à la succession. Il est recommandé de formaliser une convention de quasi-usufruit pour sécuriser les droits des nus-propriétaires.

Modèle n°3 : clause à options

La clause à options offre au bénéficiaire désigné un choix entre plusieurs modalités de réception du capital, qu'il exercera au moment du décès du souscripteur.

Je désigne comme bénéficiaire(s) de mon contrat d'assurance vie :

Mon conjoint non séparé de corps, Madame/Monsieur [Prénom NOM], né(e) le [date] à [lieu], avec la faculté pour celui-ci/celle-ci de choisir entre les options suivantes :

Option A : recevoir le capital en pleine propriété ;

Option B : recevoir l'usufruit du capital, la nue-propriété revenant à mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ;

Option C : renoncer au bénéfice du contrat, le capital revenant à mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux.

À défaut de conjoint survivant ou en cas de renonciation totale, je désigne mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux.

À défaut, mes héritiers.

Intérêt de la clause à options : elle permet de différer le choix au moment où la situation patrimoniale et familiale est connue. Le conjoint peut adapter sa décision en fonction de ses besoins réels, de la composition de la succession et de la fiscalité applicable à ce moment-là.

Les pièges à éviter

  • "Mes héritiers" comme seuls bénéficiaires : le capital réintègre alors la succession civile et perd son régime fiscal favorable. Désignez toujours des bénéficiaires nommés en priorité.
  • Clause non mise à jour après un divorce : si l'ex-conjoint est désigné nommement, il recevra le capital malgré le divorce. Il faut modifier la clause après chaque changement de situation familiale.
  • Bénéficiaire acceptant non révoqué : si un bénéficiaire a formellement accepté le bénéfice du contrat (article L132-9 du Code des assurances), le souscripteur ne peut plus modifier la clause sans son accord écrit. Toute modification unilatérale est inopposable au bénéficiaire acceptant.
  • Défaut de bénéficiaire subsidiaire : si le bénéficiaire principal prédécède le souscripteur et qu'aucun bénéficiaire subsidiaire n'est désigné, le capital réintègre la succession.

Comment modifier sa clause bénéficiaire

La modification de la clause bénéficiaire peut s'effectuer de plusieurs manières :

  • Par avenant au contrat : le souscripteur adresse une demande écrite à l'assureur, qui établit un avenant
  • Par lettre recommandée avec accusé de réception : le souscripteur notifie directement sa nouvelle clause à l'assureur
  • Par testament : le souscripteur peut désigner ou modifier le bénéficiaire dans son testament. L'assureur devra en être informé à l'ouverture de la succession

Aucune de ces modifications n'est possible si un bénéficiaire acceptant a été désigné, sauf avec l'accord écrit de celui-ci.

Clause démembrée et réponse CIOT

La réponse ministérielle CIOT du 23 février 2016 a confirmé que, dans le cadre d'une clause démembrée, l'abattement de 152 500 EUR de l'article 990 I du CGI s'applique sur la valeur en pleine propriété pour chaque nu-propriétaire, et non sur la seule valeur de la nue-propriété. C'est un avantage fiscal considérable qui renforce l'intérêt de la clause démembrée.

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Questions fréquentes

Sources juridiquesCode civilCode général des impôtsBOFiP